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93e année

Élections présidentielles : Le Pen creuse l’écart dans l’Yonne

Politique. À l’issue du premier tour de scrutin, la présidente du Rassemblement national (RN) est très nettement arrivée en tête dans le département bourguignon devançant Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Ancrée de longue date dans les territoires les plus ruraux, elle étend à présent son influence dans de nombreuses villes moyennes.

Comme lors de la précédente élection présidentielle, la fille de Jean-Marie Le Pen a largement viré en tête, dans l’Yonne, au soir du premier tour améliorant son score de près de trois points. La candidate du Rassemblement national a obtenu 31,25 % des suffrages exprimés, loin devant le Président de la République (24,14 %) et le leader de La France insoumise (17,90 %). Quatrième, le polémiste Éric Zemmour (7,33 %) précède Valérie Pécresse qui fait à peine mieux qu’au niveau national (5,28 %).

Un ancrage de l’extrême-droite plus important dans les villes moyennes

Si à Auxerre - Emmanuel Macron - et à Sens - Jean-Luc Mélenchon - ont terminé à la première place et relégué Marine Le Pen en troisième position, la candidate du Rassemblement national a confirmé son ancrage électoral dans les zones à caractère rural comme la Puisaye-Forterre, le Tonnerrois et l’Avallonnais. La candidate d’extrême-droite a, par ailleurs, conquis de nombreux électeurs dans plusieurs villes intermédiaires où elle a viré en tête : à Tonnerre, à Migennes, à Saint-Florentin, à Villeneuve-sur-Yonne, à Appoigny, à Paron, à Chablis, à Toucy…

À Avallon, dans la ville de la socialiste Jamilah Habsaoui, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont terminé premiers ex aequo avec 801 voix chacun (26,68 %). À Joigny, c’est « L’Insoumis », Jean-Luc Mélenchon (26,92 %) qui s’est imposé devant Marine Le Pen (25,86 %) et Emmanuel Macron (24,20 %). Dans la cité maillotine où l’homme fort, Nicolas Soret, avait appelé à l’instar de nombreux élus socialistes du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté à soutenir la candidature d’Anne Hidalgo, la maire de Paris n’a recueilli que 48 voix. À peine mieux que Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Artaud (LO).

Stéphane Bourdier