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93e année

Guillaume Larrivé sème une nouvelle fois le trouble chez les Républicains

Politique. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Le Point, publié ce jour, le député de la première circonscription de l’Yonne et conseiller politique de Valérie Pécresse pour la prochaine élection présidentielle a appelé à « construire une nouvelle majorité » autour d’Emmanuel Macron, en cas de non-qualification de la candidate, le 10 avril prochain.

Guillaume Larrivé à l’Assemblée Nationale. DR

À moins de trois semaines du premier tour de scrutin, les propos du parlementaire icaunais ne vont pas manquer de susciter la controverse. Dans les colonnes du Point, alors que les enquêtes d’opinion sont des plus pessimistes sur les chances de victoire de la candidate des Républicains (LR), Guillaume Larrivé envisage déjà « les scénarios du second tour puisque l’avenir de la France en dépend ». Celui qui regrette de ne pas pouvoir glisser « un bulletin Nicolas Sarkozy dans l’urne de l’élection présidentielle » observe qu’il existe « désormais de fortes convergences entre le projet présenté par LR et le projet présidentiel d’Emmanuel Macron ».

Le député de la première circonscription de l’Yonne enfonce même le clou. « Si Valérie Pécresse est éliminée au soir du premier tour, je m’engagerai pour qu’Emmanuel Macron soit à nouveau président et pour que les Républicains participent, à l’Assemblée, à construire une nouvelle majorité pour la France. » Plusieurs ténors du parti présidé par Christian Jacob ont immédiatement sorti la « sulfateuse », appréciant plus qu’amèrement cette prise de position. Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a fait même montre d’une ironie cinglante sur les ondes de RFI. « L’attraction du plat de lentilles, c’est une figure vieille comme le monde, comme la politique. » Les derniers jours de campagne pourraient bien sentir le souffre au sein de l’état-major du parti gaulliste.

Une « Macron-compatibilité » à peine voilée

En 2018, pourtant, Guillaume Larrivé avait signé un pamphlet remarqué, et sans équivoque, contre le Président de la République. Dans Le coup d’État Macron, il fustigeait cette « présidence égocratique », martelant au passage que « Macron c’est pire qu’Hollande ! » Néanmoins, au fur et à mesure du mandat présidentiel, le député bourguignon s’est progressivement « rapproché » de la ligne politique adoptée par Édouard Philippe si bien qu’avant l’annonce du Gouvernement Castex, il avait multiplié « les appels du pied » dans la presse nationale pour faire partie de l’aventure ministérielle. En vain, le Premier ministre lui préférera, quelques jours plus tard, le ténor du barreau, Éric Dupond-Moretti, au poste de Garde des Sceaux.

Ce « repositionnement » sur l’échiquier politique n’était d’ailleurs pas passé inaperçu dans l’Yonne, puisque cinq membres des Républicains, dont le maire de Migennes, François Boucher, et son homologue (et paronyme) de Saint-Denis-lès-Sens, Alexandre Bouchier, avaient demandé, dans une lettre interne, la démission de Guillaume Larrivé de la présidence de la fédération départementale. Le choix de soutenir activement Valérie Pécresse - il l’a accueilli le 12 octobre dernier à Venoy lors d’une réunion publique - avait, cependant, rassuré les militants. Tout en surprenant quelques observateurs politiques.

Stéphane Bourdier