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92e année

Journées européennes du patrimoine : que faire ce week-end en Franche-Comté ?

Ouvrir au public des lieux d’ordinaire peu accessibles. Telle est la vocation des Journées européennes du patrimoine, impulsées par Jack Lang lorsqu’il était ministre de la culture en 1984 et devenues européennes par la suite. En France, l’édition 2019, avant la pandémie de coronavirus avait rassemblé plus de 12 millions de visiteurs.

Cette année, pour la 38ème édition de l’évènement, le programme est riche. Voici un bref aperçu de ce qui vous attend en Franche-Comté.

Les Journées européennes du patrimoine ont été initiées par Jack Lang lorsqu’il était ministre de la culture en 1984. Pixabay

Doubs

C’est une première. Le palais de justice de Besançon ouvre ses portes au public à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Constitué de deux bâtiments d’époques distinctes aujourd’hui reliés. Le plus ancien, visible depuis la rue Hugues Sambin, était à l’origine rattaché à l’hôtel de ville et abritait le tribunal municipal puis le parlement de Franche-Comté. Construit en 1582 dans un style Renaissance, ce bâtiment est décoré de nombreuses têtes de lion, de masques, de niches, de frontons, de pilastres.
L’intérieur du Palais a conservé de nombreux éléments de décoration du XIXème siècle, notamment un escalier majestueux et des fresques dues au peintre Isenbart, ainsi qu’un plafond peint.
C’est par ailleurs dans une des salles de ce Palais, aujourd’hui baptisée "Stendhal", qu’aurait eu lieu le procès de Julien Sorel, le héros du Rouge et le Noir.
La construction de la partie contemporaine du palais de justice, à laquelle on accède depuis la rue Mégevand, a débuté en 1996. Elle est signée de l’architecte Henri Gaudin. Des visites guidées auront lieu à 10h, 11h, 14h30 et 15h le samedi 18 septembre. Inscription souhaitée à l’adresse sg.pp.ca-besancon@justice.fr pour les visites limitées à 15 personnes.
Outre ces visites, des personnels du tribunal judiciaire et de la cour d’appel accueilleront le public tout au long de la journée afin de présenter les métiers du ministère, d’expliquer le déroulement d’une audience et de faire découvrir la justice aux plus jeunes.

Découvrir le métier de chargé de récolement

Parmi les opérations nécessaires à la conservation des collections, le récolement constitue une étape essentielle pour vérifier la présence et l’état des œuvres, à l’appui du registre d’inventaire. Le temps d’une rencontre, la chargée de récolement au Musée d’Art et d’Histoire de Montbéliard plongera les participants dans les coulisses de son travail sur une œuvre issue des collections.
De la recherche du numéro d’inventaire, à la réalisation du constat d’état, en passant par le dépoussiérage, le conditionnement ou encore la mise en réserve, vous connaîtrez toutes les facettes du métier ! Gratuit sur inscription, de 11h à 12 et de 15h à 16h dimanche.

Un château qui a su renaître de ses cendres

Édifié à la fin du XIIème siècle, le château de Belvoir a été le siège d’une importante baronnie. Incendié en 1480 par les armées de Louis XI, il a été reconstruit à la fin du XVème et au début du XVème siècles. Protégé par le duc Charles IV de Lorraine il a échappé au désastre de la guerre de Dix Ans, triste épisode comtois de la guerre de Trente Ans. Passé de la famille de Lorraine à celle de Rohan-Soubise, dans la personne de Marie-Louise, comtesse de Marsan, gouvernante des enfants de France.

Abandonné au XIXème siècle, transformé en maison de culture, le château de Belvoir dans le Doubs doit son sauvetage au peintre Pierre Jouffroy après 45 ans de travaux à partir de 1965. DR

Abandonné au XIXème siècle, transformé en maison de culture, il doit son sauvetage au peintre Pierre Jouffroy après 45 ans de travaux à partir de 1965. De 10h30 à 11h et de 14h30 à 17h30 tout le week-end.

Jura

Ce dimanche à partir de 11 heures, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le Château de Beaufort-Orbagna dans le Jura accueillera de nombreuses animations proposées par La Troupe de Nano. Déambulations équestres, démonstrations de feu, jeux de guerre..la découverte de ce château dont la construction remonte au XIIème siècle se fera de manière ludique. C’est la première année que ce site participe à l’évènement culturel européen. L’occasion de faire connaître au public son riche passé : construit pour protéger les terres de l’abbaye de Gigny, le château a ensuite été un important site militaire dans le Revermont. Les armées de Louis XI, d’Henri IV et de Louis XIV en ont fait tout à tout le siège. Au XVII éme siècle après la conquête française, il fut transformé en demeure avec terrasse, verger, fontaine, pavillon chinois, et le château issu du Moyen-Âge a entièrement été modifié afin de répondre aux modes vie de l’époque. La Révolution sonna le glas de son existence, le château fut en effet saisi comme bien national puis vendu à une entreprise de démolition, pour les matériaux. Seuls ont subsisté quelques remparts et des terrasses impossibles à démolir.
Depuis les années 1970 le site fait l’objet d’une restauration par un particulier, qui proposera des visites sur demandes, qui peu à peu, a reconstitué la propriété.

Immersion dans le plus ancien château viticole de France

Le parc du château d’Arlay a su conserver les bosquets d’origine. Arnaud 25

Depuis vendredi et jusqu’à dimanche, les curieux peuvent visiter le château d’Arlay ainsi que son parc de huit hectares, sa forteresse et son potager fleuri. Réputé pour être le plus ancien château viticole de France, ce château n’a jamais été vendu ni acheté depuis sa fondation au Haut Moyen-âge, toujours retransmis par héritage. Le château actuel a lui été construit en 1773 par la comtesse de Lauraguais, princesse d’Isenghien, héritière du château médiéval au sommet de la colline. Cette forteresse a été le fief des comtes de Chalon-Arlay, princes d’Orange, la plus puissante famille de Franche-Comté. Guillotinée à la Révolution, le petit-fils, le prince Pierre d’Arenberg, en a hérité et a décidé d’une complète rénovation intérieure de 1825 à 1827. Les appartements qui ont conservé leur décor et leur mobilier d’origine, réalisé par un talentueux ébéniste jurassien sont notamment à découvrir. Le parc a par ailleurs conservé ses bosquets d’origine. De 10h à 12h et de 14h à 18h. 10 euros pour les plus de 18 ans. Prévoir 1h30 à 2h de visites.

Secrets d’apothicaires

Quels étaient les remèdes phares d’antan, quels ingrédients étaient utilisés ? Tous les secrets seront dévoilés lors de visites commentées. Jura tourisme

Le temps d’une visite commentée à l’apothicairerie de Saint-Amour abritée dans un couvent du XVIIème siècle, les participants découvriront le fonctionnement d’une apothicairerie plus connue aujourd’hui sous le nom de pharmacie. Quels étaient les remèdes phares d’antan, quels ingrédients étaient utilisés ? Tous les secrets seront dévoilés. De 10h à 12h et de 14h à 17h samedi et dimanche.

Haute-Saône

De nombreuses animations sont liées au patrimoine artisanal de Haute-Saône pour cette 38ème édition des Journées européennes du patrimoine.

La pratique de la reliure à livre ouvert

Les archives départementales de la Haute-Saône situées à Vesoul proposent deux séances pratiques de découverte de la reliure et de la dorure. Deux techniques qui consistent à sublimer des ouvrages. « La dorure est une technique qui vise à rehausser les objets en les recouvrant d’or, elle est connue depuis l’Antiquité, notamment en Égypte antique », précise l’établissement. Gratuit, d’une durée approximative d’une heure. Atelier limité à cinq personnes, inscription recommandée.

Direction l’une des plus anciennes verreries de France

La verrerie de la Rochère à Passavant-la-Rochère est l’une des plus anciennes verreries de France. Des souffleurs de verre procèderont à des démonstrations durant tout le week-end de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Changement de décor à Luxeuil-les-Bains où le Conservatire de la Dentelle ouvrira exceptionnellement ses portes. Les visiteurs pourront notamment admirer des dentelières en plein travail. Visite libre et gratuite.

Au pays de la cerise…

Autre preuve de la richesse du savoir-faire artisanal haut-saônois, l’Écomusée du Pays de la Cerise à Fougerolles propose à ses visiteurs de revivre l’histoire de ces pionniers de la culture de la cerise et de la distillation au fil d’un parcours alliant modernité et tradition.

Les visiteurs sont emmenés sur les traces de bouilleurs de cru et de distillateurs qui ont fait du village la cité du Kirsch. Pixabay

Entouré d’un verger conservatoire regroupant une quarantaine de variétés de cerises différentes, le site se situe sur un ancien domaine de distillateur datant de 1829. À travers une découverte socio-économique de Fougerolles autour de la production de cerise et d’alcool, les visiteurs sont emmenés sur les traces de bouilleurs de cru et de distillateurs qui ont fait du village la cité du Kirsch.

Territoire de Belfort

Incontournable, le Lion de Belfort, œuvre majeur de Frédéric Auguste Bartholdi avec la statue de la Liberté à New York, a été conçu suite à la résistance historique des Belfortains lors de la guerre franco-prussienne de 1870 à 1871.
La municipalité de l’époque qui désirait rendre hommage aux victimes de ce siège a alors retenu le projet d’Auguste Bartholdi, c’est-à-dire un lion symbolisant la résistance et le courage des défenseurs. En accès libre, ce lion dont le chantier de construction a débuté en 1875 se visitera de 13h30à 18h samedi et de 10h à 12h30 puis de 13h30 à 18h dimanche.

Découvrez le Lion de Belfort sculpté par Bartholdi également à l’origine de la Statue de la Liberté de New York. Thomas Bresson

Terre industrielle par excellence, Belfort accueille le musée de la mécanographie. L’histoire voire la préhistoire de l’ordinateur y est détaillée. Au fil de la visite, sont présentées de nombreuses machines : perforatrices, poinçonneuses, tabulatrices… À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, l’équipe des anciens salariés de l’entreprise Bull Périphériques Belfort feront notamment découvrir au public un atelier mécanographique opérationnel avec ses machines des années 1950 ou encore l’histoire de l’impression informatique à Belfort de 1960 à 1990. Accès libre, samedi de 15 à 18h et dimanche de 10 à 12h et de 14 à 17h.

Militine Guinet