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93e année

Le TGB, locomotive de la culture en milieu rural

Culture. Au coeur de Châtillon-sur-Seine (5.347 habitants), le Théâtre Gaston-Bernard (TGB) avec sa salle de spectacle de 550 places est une aventure étonnante qui depuis son inauguration en 2006 a su montrer sa pertinence malgré des réticences initiales.

Le TGB, locomotive de la culture en milieu rural
Le Théâtre Gaston-Bernard de Châtillon-sur-Seine (Crédit : DR)

Hubert Brigand, récemment élu député après avoir été maire de la commune sans interruption de 1995 à 2022, s’est battu pour la création du TGB. Il se souvient : « On m’a dit que ça n’avait pas sa place dans une commune rurale, que ce serait une danseuse... Mais j’ai toujours été de l’avant et l’adhésion du public s’est vérifiée depuis la première saison. » Les travaux auront coûté 3,5 millions d’euros (subventionnés à 60 %). En 2021, le coût de fonctionnement s’élevait à 280.000 euros (343.000 euros en 2019) sur lequel la ville est aidée à hauteur de 50.000 euros par le conseil départemental, 22.000 euros par la Drac et environ 10.000 euros par la région BFC. Le lieu compte désormais trois salariés dont la directrice Catherine Miraton qui propose une programmation éclectique d’environ 60 dates par saison ; le TGB accueille également des artistes en résidence.

Une salle bien implantée dans son territoire

Pour l’équipe, il s’agit de jongler habilement entre ambition culturelle et prix accessibles. L’abonnement permet ainsi un abattement de 50 % sur le plein tarif et un abonnement doit comporter un spectacle « découverte », pour inciter les spectateurs à voir d’autres propositions que les indispensables têtes d’affiche qui assurent la visibilité. Pour Hubert Brigand, un tel lieu est essentiel pour assurer l’attractivité de la commune : « J’ai toujours pensé qu’une ville comme Châtillon-sur-Seine devait disposer d’un maximum d’équipements privés et publics pour garder sa population et attirer de nouveaux habitants. Une maison de retraite, un hôpital, une piscine couverte et chauffée... et le théâtre. Nous avons trois lycées, ce qui est exceptionnel. Or les professeurs qui avant ne rêvaient que d’une chose, être mutés ailleurs, se fixent. Certains prennent leur retraite et s’installent. C’est une catégorie de personnes qui aime la culture, qui fréquente le théâtre. Je suis certain que la présence du lieu entre dans leur décision. »

Aujourd’hui, le TGB est bien installé dans son territoire : 5.000 programmes sont distribués dans les communes à 50 kilomètres alentours. Ainsi, 18 % des spectateurs viennent de l’Auxois et 20 % du sud de l’Aube. Et le succès du théâtre a conforté l’ambition culturelle de la ville : Châtillon-sur-Seine a ainsi racheté en 2010 le cinéma Le Select (séances à cinq euros) et a investi dans une médiathèque de 1.500 mètres carrés de 3,3 millions d’euros qui a ouvert en février.

Emmanuelle de Jesus