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92e année

Cent-cinquante, qui dit mieux ?

Effet d’annonce ? Promesse préélectorale déguisée d’un candidat qui ne l’est pas encore ? Et si l’“indemnité inflation” de 100 euros n’était que de la poudre de perlimpimpin ? C’est en tout cas ce que l’opposition aimerait faire croire et pour preuve la décision prise au Sénat mercredi 17 novembre de supprimer ce dispositif du second projet de budget rectifié pour 2021, proposant à la place une nouvelle aide de 150 euros. Loin de voter une augmentation, c’est plutôt un changement de cible qui est effectué par la Haute assemblée. Vivement critiquée par de nombreux sénateurs, l’“indemnité inflation” ne tenait pas compte de la composition du foyer bénéficiaire ni même de sa consommation de carburant, a affirmé le groupe des Républicains au Sénat dénonçant entre autres un “effet de seuil”.

Résultat : la droite préfère ainsi octroyer une aide aux bénéficiaires de la prime d’activité, ou encore aux bénéficiaires de minima sociaux, mais aussi aux chômeurs et aux jeunes en voie d’insertion « au cas par cas », précisent-ils tout de même. En somme plus rien pour les classes moyennes qui continueront à voir leur pouvoir d’achat chuter face aux hausses du coût de la vie. On en viendrait finalement presque à se demander qui est réellement en campagne et souhaite reconquérir le coeur d’électeurs auparavant perdus, avec une mesure sur le fond très “socialiste”. Cette nouvelle mesure pourrait en effet bénéficier à quelque huit millions de Français, contre 38 pour la mesure “macroniste”. Toutefois, les jeux ne sont pas encore fait puisque ce projet de budget rectifié pour 2021 doit encore être accepté par l’Assemblée nationale.

Antonin Tabard