Humeur

L’acte d’apprendre : un enjeu sociétal

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Photo de Nicole Ortis et Pascale Corbin-Kurtz
(Crédit : Nicole Ortis Consultants)

Arie de Geus affirmait que « la capacité à apprendre plus vite que vos concurrents peut être le seul avantage compétitif durable. » L’étude Lynx Educate/Augmented Talent relaie le point de vue des salariés sur la formation : bon investissement (92 %), préparation aux transformations (89 %), moyen efficace de motiver (89 %), attraction des talents (83 %) ou fidélisation (81%). La formation constitue donc bien un enjeu. Vis-à-vis de la génération Z, elle est même indispensable pour répondre à son grand besoin de stimulation. Or, dans « L’état des compétences en 2021 : La menace invisible » de Degreed, 39 % pensent que la crise sanitaire a accéléré la demande de nouvelles compétences et diminue les opportunités de formation. Dans « Garder ses talents et recruter à l’heure de la Grande Démission », Qualtrics XM révèle que 74 % affirment n’avoir reçu aucune formation en 2021.

Alors d’où vient ce décalage entre besoins et réalité ? La formation exige d’investir : coût des prestations, absence des personnes à leur poste, diminution des prises en charge par les OPCO. Cela s’aggrave quand les objectifs opérationnels s’éloignent de ceux de l’entreprise. Et trop peu de structures bénéficient d’un service de formation interne.

Le rapport de l’Institut de l’Unesco « Adopter une culture d’apprentissage tout au long de sa vie » affirme que « les défis posés à l’humanité par la crise climatique et les mutations technologiques et démographiques, sans parler de la pandémie de la Covid-19 et des inégalités qu’elle a exacerbées, exigent que les sociétés se conçoivent comme des sociétés apprenantes et les individus comme des apprenants tout au long de leur vie. » Il préconise des formations sur le lieu de travail. Alertés, les pouvoirs publics ont conçu des dispositifs allant dans ce sens : AFEST, Pro-A, Transco, etc. Sauf que les salariés transmettant savoirs et compétences doivent avoir appris à apprendre à l’Autre… Quand c’est le cas, les bénéfices sont clairs : formation adaptée aux besoins de l’entreprise, rentabilité des temps de formation grâce à un langage commun sur les techniques et organisation de l’entreprise, renforcement de la motivation par la valorisation des compétences, de la culture de l’entreprise, de la cohésion d’équipe et du sentiment d’appartenance, etc. Il existe aussi un bénéfice insolite dans le monde professionnel : les personnes formées à l’acte d’apprendre aident même leurs enfants… Elle n’est pas belle la vie ?!