Informations régionales économiques et juridiques
93e année

L’addition après les élections

Antonin Tabard

« Avec Macron, l’addition c’est après les élections ! » ... Difficile d’oublier cette “punchline” lancée par la reine en la matière lors d’un déplacement à Chalon-sur-Saône en octobre dernier tant elle redouble de sens aujourd’hui. Alors qu’il reste encore quelques jours au président sortant Emmanuel Macron (LREM) et à la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen pour convaincre les électeurs avant le second tour, l’heure est au bilan pour les dix autres candidats à la présidence de la République qui ont vu leurs rêves de fouler le perron de l’Élysée s’évaporer dimanche 10 avril. Avec parfois son lot de surprises comme pour Valérie Pécresse (LR) qui a vécu un réel ascenseur émotionnel ce soir de premier tour. Annoncée à à peine plus de 5 % à 20 heures, les résultats définitifs ne lui accorderont finalement que 4,79 %.

Sauf qu’en passant sous la barre fatidique des 5 %, la présidente de la région Ile-de-France ne peut plus prétendre au remboursement de ses frais de campagne par l’État et se retrouve donc à devoir rembourser, avec son parti Les Républicains, la coquette somme de sept millions d’euros, dont cinq millions d’euros ont été empruntés à titre personnel par la candidate. Dès le lundi 11 avril, Valérie Pécresse a ainsi lancé un appel aux dons via une plateforme créée pour l’occasion. « J’ai besoin de votre aide d’urgence avant le 15 mai », a-t-elle dit à ses électeurs. Une situation pour le moins comique au demeurant qui lui a valu son lot de réponses tout aussi drôles.

Sur Twitter, l’ancien trader Jérôme Kerviel a tenté de rassurer Valérie Pécresse en lui écrivant : « Je suis endetté à hauteur de cinq milliards ça va bien se passer tu vas voir ! ». De son côté, le député des Pyrénées- Atlantiques Jean Lassalle qui a obtenu le score de 3,1 % a signé trois chèques de dix euros aux candidats PS, LR et EELV (Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et Yannick Jadot) « pour rembourser [leurs] frais de campagne ». Ce dernier, ne manquant pas d’humour, n’a pu s’empêcher de citer La Fontaine en ironisant : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi [...] Tout le monde aura compris le petit clin d’oeil ».

Antonin Tabard