Humeur

Ma vie connectée, mode d’emploi

Lecture 2 min
Emmanuelle de Jesus.

Depuis 2007, le journaliste français Sébastien Le Belzic vit avec Lulu, son épouse chinoise, à Pékin. Dans un documentaire édifiant, intitulé « Ma femme a du crédit », il filme comment le « crédit social » inventé par le régime chinois influence le quotidien de Lulu, filmée dès qu’elle quitte son appartement et qui s’offusque à peine de l’intrusion des technologies dans sa vie privée. Même si plusieurs chercheurs ont relativisé l’importance de ce bonus/malus social dans la vie des Chinois, nul ne peut nier que les algorithmes ponctuent de plus en plus nos vies. La tentation est grande alors d’un peu de dystopie à la française, où notre « contrat social » né avec Rousseau - le philosophe, pas la spécialiste du barbecue genré -, deviendrait un « compte social », basé sur nos habitudes de vie.

Voici la liste à cocher pour exploser les scores : dès le réveil (dans une chambre à 16 degrés), après une douche (rapide), un petit-déjeuner (ni trop gras, trop sucré ou trop salé), direction le travail (en vélo/co-voiturage en véhicule électrique/transport en commun/à pied). Le déjeuner devra comprendre au moins deux des cinq fruits et légumes par jour, le dîner itou dans une cuisine à 19 degrés maximum etc, etc. Et pour faire passer la pilule, transformons ces injonctions en challenge personnel, avec félicitations de nos montres connectées ou des applications dédiées sur nos smartphones, transformés en autant d’espions qui nous aiment. Le futur a de l’avenir, et il n’est pas si lointain...