Humeur

Messagère de l’espace

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Emmanuelle de Jesus

Je connais de ces gens qui sont fascinés par l’espace, Cap Canaveral et Ariane, les autres galaxies et tout ça. Il y a des inoffensifs et des rêveurs et puis des cinglés qui rêvent d’aller pourrir d’autres planètes après avoir fait leurs armes sur la Terre. Pour moi, la conquête spatiale a les traits d’une fusée à damier rouge et blanc et de scaphandres orange vaguement inspirés du bonhomme Michelin, vous voyez un peu l’état de mes connaissances et surtout mon intérêt pour le sujet.

Et voilà que, mardi 19 mai, je reçois un coup de fil de notre réseau de journalistes et cette question : « Euh, ça t’intéresse une interview de Sophie Adenot ? » Alors certes, mon savoir scientifique en apesanteur se limite à la lecture, assidue, d’Objectif Lune et On a marché sur la Lune, les deux chefs-d’œuvre d’Hergé, mais Sophie Adenot, deuxième Française, 25 ans après Claudie Haigneré (une Creusotine !) à s’envoler pour une mission spatiale, je vois tout à fait.

J’avais même noté que sa naissance à Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre) il y a 43 ans en faisait la deuxième fierté régionale de dimension planétaire, croyez-moi, ça ne court pas les pas de tir, plutôt trustés par les Russes et les Américains. Donc, ça m’a intéressée, ouais. Et pas qu’un peu.

C’est d’ailleurs avec une fierté qui ne fait même pas semblant d’être entachée de modestie que le Journal du Palais s’enorgueillit d’avoir eu, parmi les quelques journalistes accrédités au sein de l’Agence spatiale européenne, un envoyé spécial (pas spatial) qui a pu converser avec « notre » messagère de l’espace. Elle avait un truc à dire aux Terriens : vue de là-haut, notre globe (oui, oui, la Terre est un globe !) mériterait un peu plus de concorde (pas les avions, meuh non, mais bien « la paix qui résulte de la bonne entente entre les peuples ») que du bellicisme dont les racines du mal viendront un jour fracturer et faire disparaître à jamais la seule planète que nous ayons, pour quelques décennies encore, à notre disposition. Dommage qu’on ne puisse pas mettre les va-t-en guerre sur orbite : pendant qu’ils tourneraient à l’infini, avec les cons d’Audiard, on pourrait se remettre, inoffensifs, à rêver...