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92e année

Miracle ou mirage ?

En signant un contrat de trois ans avec le PSG, le sextuple Ballon d’Or, la légende du FC Barcelone, Lionel Messi devrait toucher un salaire annuel net de 35 millions d’euros, bonus compris, ainsi qu’une prime à la signature de 25 millions d’euros. Cela représente plus de 2,9 millions d’euros par mois, soit plus de 97.200 euros par jour, 4.050 euros par heure, ce qui correspond à un peu plus d’un Smic net toutes les 20 minutes. Cela donne à l’évidence le tournis. Toutefois, celui qui est accueilli en sauveur par le club parisien n’est pas le vrai gagnant de cette transaction. Grâce au merchandising (maillots et autres objets à son effigie), résultats sportifs, image du club, supporters à travers le monde… le PSG devrait réaliser plus de 100 millions d’euros de bénéfices. Enfin, et on y pense moins, un troisième acteur tire profit de cet accord faramineux : l’État français. Entre les charges patronales payées par le club, les cotisations salariales et l’impôt sur le revenu, l’arrivée du footballeur permettrait de remplir les caisses du Trésor public à hauteur de 30 à 37 millions d’euros. Pas de quoi rapiécer toutefois les poches bien trop trouées de Bercy. Au regard des 2.739,2 milliards d’euros de dette de la France (118,2 % du PIB), cette somme n’est qu’une goutte dans un océan de déficits. En somme, pas de quoi crier au miracle.

Frédéric Chevalier