Informations régionales économiques et juridiques
93e année

On n’en ferait pas tout un plat ?

« Steak »… Voilà un mot bien fade que les végétariens se sont battus pour conserver dans leur vocabulaire. Les associations interprofessionnelles de la viande et du bétail réclamaient pourtant depuis longtemps un décret interdisant les producteurs de produits à base de protéines végétales d’utiliser cette appellation. Alors qu’ils avaient obtenu gain de cause, visant une interdiction à compter du 1er octobre, le Conseil d’État a validé en urgence mercredi 27 juillet la requête de l’organisation Protéines France contre ledit décret… Pour argumenter ce choix, l’autorité administrative aurait finalement choisi de se calquer sur la position européenne qui autorise l’usage des termes d’origine animale pour les produits végétaux, à l’exception de ceux à base de lait – la France est le seul pays européen à avoir été à l’encontre de la décision du Parlement européen d’autoriser les termes « yaourt », « crème » ou encore « fromage » pour certains produits végétaux, en octobre 2020. Dans le fond, le mot « steak » trouve-t-il vraiment son origine dans le monde de la boucherie ? Si certains linguistes diront que c’est un mot anglais signifiant « tranche » en français, il trouverait son origine dans le lexique germanique… en vieux norrois le terme « steik » semblait vouloir signifier « rôti ». D’autres termes faisaient partie de la liste, comme « saucisse », « lardon », « caviar », « boulette » ou encore « carpaccio ». Avec une langue aussi riche que le français et alors que chaque mot a un sens, le débat risque de durer encore un moment.

Antonin Tabard