Sortez les parapluies, ou plutôt vos chéquiers et aussi les mouchoirs : après une sieste entamée en septembre 2023, la Banque centrale européenne a décidé de se réveiller avec un petit cadeau de 25 points de base. Désormais, le taux de facilités de dépôt trône à 2,25 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Pourquoi ? Parce qu’au large de l’Iran le détroit d’Ormuz joue les prolongations en mode « porte close », faisant flamber le pétrole et grimper l’inflation à 3,2 % en mai.
La BCE sait bien que relever les taux ne va pas miraculeusement rouvrir un détroit maritime et faire entendre raison à Donald Trump et aux mollahs iraniens, mais elle a peur que cette fièvre énergétique ne finisse par contaminer les salaires et les services. C’est ce qu’on appelle pudiquement les « effets de second tour ».
Pour la France, c’est un peu comme recevoir une amende collective alors qu’on est le seul élève sage : notre inflation est l’une des plus basses de la zone euro. Mais le remède est le même pour tout le monde. Le timing est savoureux : notre croissance s’est offert une petite sieste à -0,1 % au premier trimestre, et plus de 70 000 entreprises ont déjà mis la clé sous la porte sur un an.
Bref, avec un crédit plus cher, l’économie française va devoir pédaler en côte avec un vent de face monétaire. Reste à savoir s’il s’agit d’un simple hoquet de la BCE ou du début d’un nouveau marathon de hausses. Dans le doute, surveillez vos banquiers... et le détroit d’Ormuz.