Humeur

Un arsenal, des arsen’eau

Lecture 3 min
Emmanuelle de Jesus

La France a peur. La France a peur et se prépare au pire. À côté de Belfort, les Journées Marchés de la défense 2026 se passent sur la base du 1er régiment d’artillerie de Bourogne et déroulent des lendemains terrifiants à base de guerre à notre porte, d’un arsenal français complètement hors sol, de « combattants du futur » et de « guerre symétrique » mettant face à face des troupes également armées avec des drones dans tous les sens et de l’IA itou. À Dijon, Safran Electronics & Defense met 20 M€ sur la table pour booster sa production de viseurs destinés à équiper ce qui roule, vole ou va sous l’eau, et est conçu pour transporter des troupes et dézinguer du drone/missile/sniper ennemi.

Rajoutez-moi du phénomène El Niño avec sa cohorte de canicule, de tsunami et autres calamités par là-dessus et je comprends que BFM dépêche un envoyé spécial là où ça flambe... ah tiens non. On me dit dans l’oreillette que l’envoyé spécial est au bord du canal Saint-Martin à Paris pour, au péril de sa vie, rencontrer la véritable terreur de ce pays : Hamza. Hamza, 14 ans, dit « Hamza la Douane » a profité des jours de canicule et de la baignade autorisée dans un Paris surchauffé pour faire trembler les forces de l’ordre grâce à une arme redoutable, un pistolet à eau, rackettant sans merci les passants qui voulaient échapper à ses tirs fatals - un jet d’eau par 40 degrés, pensez...

Tout le monde y est allé de son analyse sur ce gamin, depuis les spécialistes de l’éducation - « Moi j’aurais fait ça, mon père m’en aurait collé une » - jusqu’aux experts des finances publiques - « Et bien sûr, cette racaille vit d’allocations ». On me dira, il a aussi piqué un téléphone. Bref : un gosse qui fait des conneries et pour lequel la Justice dispose déjà d’un arsenal pour lui rappeler les bonnes manières. On aimerait bien en avoir autant, d’arsenal, pour faire face à la menace russe ou iranienne. Mais c’est moins spectaculaire alors on va garder l’envoyé spécial au chaud, des fois qu’un autre gamin sortirait une bombe à eau...