La filière hydrogène avait rendez-vous Porte de Versailles du 27 au 29 janvier sur le salon Hyvolution, qui fêtait ses dix ans de création. Dix années au cours desquelles ce gaz censé représenter la panacée des énergies vertes, véritable nouveau pétrole, a vu son statut de Messie prendre l’eau, au point de se demander si l’on n’assistait pas là à la fin d’un rêve industriel. « Il est crucial de ne pas confondre la météo du jour avec le climat. Si le ciel se couvre de quelques nuages aujourd’hui, cela ne remet pas en cause la tendance de fond : l’hydrogène reste un pilier de la décarbonation », affirme Jérôme Durain, président de la région BFC, avouant à demi-mot un coupable emballement des débuts. « Sur l’hydrogène, il faut y aller diesel. Ce n’est pas une course de vitesse, mais un engagement de long terme ».
Fini donc les plans sur la comète, l’hydrogène ne résoudra pas tous nos maux de consommateurs d’énergie débridés. Place à une stratégie plus raisonnée et plus raisonnable centrée sur les marchés consommateurs d’hydrogène fossile qui existent déjà, et pour lesquels il y a urgence à décarboner, car responsables de 2 % des émissions mondiales de CO2 : les raffineries, les engrais, la sidérurgie, l’aviation et le maritime, avec les e-fuels, la mobilité lourde et intensive… en faisant le deuil de la voiture individuelle, clairement dépassée par la batterie électrique. C’est en tout cas la tendance qui ressort à parcourir les couloirs de ce salon international qui a vu sa fréquentation encore augmenter cette année et où l’optimisme reste de mise malgré les quelques trous d’air qu’a récemment connue la filière. Le rêve bleu est toujours possible : ses nouveaux contours se dessinent dans notre dossier à lire en page 3 à 5.