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92e année

Une crise, quelle crise ?

La plupart des économistes et autres analyses financiers l’avaient anticipée : une fois les mesures restrictives liées à la Covid 19 pesant sur les marchés levées, la reprise ne se ferait pas attendre. S’ils peuvent s’enorgueillir d’avoir vu juste, ils n’en demeurent pas moins surpris par les bénéfices historiques affichés par certaines multinationales et la rapidité de tels rebonds. Au premier semestre, les résultats d’une majorité d’entreprises du CAC 40 présentent ainsi une activité et des bénéfices sans précédent. Leur croissance a été supérieure à celle du PIB mondial, alors qu’au plus fort de la pandémie, en 2020, leurs profits s’établissaient à 37 milliards d’euros, soit une chute de 54 % par rapport à 2019. Avec un gain de 50 milliards d’euros pour cette seule première moitié d’année, ils pulvérisent déjà le chiffre en berne de 2020. Les entreprises du luxe, les banques et assurances, les constructeurs automobiles, les producteurs d’énergie et équipementiers, ainsi que, sans surprise, les laboratoires pharmaceutiques… chacun de ces géants a renoué avec de ventrus profits. Même, et cela a de quoi surprendre, Airbus sort du puit sans fond dans lequel il semblait voué à une éternelle chute. Pour rappel, l’avionneur européen perdait 1,23 milliard au deuxième trimestre 2020 suite au premier confinement. Aujourd’hui, il affiche deux milliards d’euros de gain pour les six premiers mois de l’année, avec un chiffre d’affaires de 14,2 milliards, en hausse de 70 % ! Cerise sur le gâteau capitaliste, Airbus annonce même qu’il livrera plus d’avions que prévu : pas moins de 600 en 2021.

Frédéric Chevalier