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La géopolitique, donnée essentielle de la stratégie d’entreprise

Géopolitique. La géopolitique est une des familles du management par les risques, glissant parfois dans l’inacceptable en termes de coût, délai et performance, sans en être responsable car dépendant de décision politique.

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La géopolitique est une des familles du management par les risques, glissant parfois dans l’inacceptable en termes de coût, délai et performance, sans en être responsable car dépendant de décision politique. Bien souvent négligée car très aléatoire pour les entreprises, notamment les PME toujours « la tête dans le guidon » et se reposant sur les donneurs d’ordre, elle représente toutefois une occasion et une opportunité de penser et d’agir autrement afin de mieux maîtriser sa politique générale à travers les aléas contrôlables et incontrôlables qui peuvent la remettre en question, dans une logique de responsabilisation, de sécurité, de résistance, voire de résilience et même de développement.

Une des définitions de la géopolitique pourrait être l’interdépendance entre le positionnement géographique d’un État, de son groupe d’appartenance, de ses voisins, de son continent et prochainement de l’espace, avec ses conséquences économiques, industrielles, climatiques, relationnelles, politiques, militaires, environnementales, sociales, humaines, en vue d’établir une règle de conduite décidée pour une certaine période de temps pour atteindre certains objectifs généraux. (...) Dès qu’un conflit arrive, les sanctions et contre-sanctions ou blocus économiques apparaissent généralement et créent des perturbations immédiates directes et indirectes plus ou moins bien acceptées par le tissu productif, qui doit s’organiser dans le temps pour notamment maintenir les chaînes d’approvisionnement liées souvent aux décisions initiales de faire ou de faire faire, comme prévoir également comment gérer un nouveau budget, parfois en baisse mais aussi en hausse où il faut savoir aussi se garder de certaines euphories qui peuvent disparaître aussi vite qu’arrivées. Des mesures de contournement sont aussi parfois officiellement organisées avec les risques liés.

(...) L’évolution de l’information permet néanmoins désormais de surfer sur les vagues quotidiennes de haut et bas des annonces quand il fallait un an auparavant, en attendant l’ordre et le contre-ordre. Si une décision peut être rapide avec des effets à court terme, elle peut aussi être levée tout aussi rapidement avec parfois des mesures temporaires qui perdurent. Mais la géopolitique n’est pas qu’une cause ou une conséquence des guerres ou des conflits armés et déclarés. Elle existe aussi pour les choix de politique d’achat de défense, liés à une certaine dissuasion sans parler de nucléaire, qui fera que l’on sera ou non attaqué et inversement, avec des réalités bien particulières par rapport à la vente de voitures. Nous le voyons actuellement en Europe dans l’armement. Les revers de situation pouvant être violents, les grands industriels attendent souvent les commandes publiques fermes entraînant des chauds et froids, en dehors des simples effets d’annonce gouvernementales parfois irréalisables budgétairement mais souvent nécessaires.

(...) La géopolitique rentre peu à peu dans les conseils d’administration des grandes entreprises mais devrait également le faire dans les plus petites ou dans leurs groupements professionnels de soutien avec une prise de conscience et des actions au-delà du laisser-faire. Il est de la responsabilité des groupes industriels, vaisseaux amiraux de l’escadre, d’éviter que les PME soient obligées de se regrouper et chasser en meute, en espérant qu’elles aillent sur le bon chemin, sauf missions particulières. Certaines voient aussi leur salut dans des opportunités de ventes exports. Si la force du grand groupe est de pouvoir entraîner, voire parfois compenser, sa faiblesse est aussi de ne pas pouvoir changer de cap immédiatement à l’image du supertanker, ce que peuvent faire les TPE, PME, voire ETI dans une certaine souplesse au-delà de miser sur un travail temporaire ajustable, et désormais de plus en plus assuré par la robotisation pouvant travailler sans relâche.

La géopolitique aussi peut être une opportunité pour resserrer la cohérence, penser intelligemment des partenariats répartis entre coopérations, collaborations, alliances, au-delà de simples contrats, mais avec des portages et des couvages qui doivent aussi être acceptés par tous avec des implications de gouvernance et de politique générale couvrant la stratégie, l’identité, la structure et la prise de décision. S’agissant des offsets à l’export, le donneur d’ordre peut aussi maintenir le lien avec son sous-traitant historique en l’aidant à s’implanter dans le pays acheteur plutôt que de le remplacer d’autorité. Suivant le principe des assurances, rien ni personne n’est à l’abri de quoi que ce soit, mais la préparation peut surtout en limiter les impacts. Il est souvent difficile de savoir si un conflit sera de court ou de long terme alors que l’outil industriel a besoin de temps pour s’adapter, créer ou modifier certaines usines dans des logiques d’économie de haute intensité ou de guerre quand le pays lui-même est impacté.

En complément des actions publiques ou institutionnelles, les fonds privés, pour l’instant segmentés, souvent acteurs de politique industrielle à terme dans une logique de revente, peuvent aussi orienter les choix stratégiques. Répondant souvent à certains critères d’investissement, qui n’aiment pas les incertitudes au-delà de l’éthique, ils peuvent aussi miser sur l’effet de levier en termes de technologie duale sur d’autres domaines et même le favoriser au-delà d’y voir uniquement un risque de rentabilité.