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Le plafond de verre coûte des milliards à la France

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(Crédits : Freepik)

Les entreprises dirigées par les femmes contribuent déjà de manière significative à l’économie nationale. Plus d’un million de femmes dirigent une société ; elles génèrent 1,62 million d’emplois ; elles représentent plus de 40% des travailleurs indépendants et un tiers des entreprises de la micro-entreprise à l’ETI.

Pourtant, la réalité économique est implacable : alors que les entreprises dirigées par des femmes génèrent 403 Mds € de chiffre d’affaires annuel, leur chiffre d’affaires moyen est 2,4 fois inférieur à celui des entreprises dirigées par des hommes. Le constat est similaire chez les travailleuses indépendantes : bien qu’elles représentent 42% des effectifs, elles ne génèrent qu’environ un tiers des revenus de cette catégorie. De plus, leurs revenus annuels peuvent être inférieurs de plus de 30% à ceux de leurs homologues masculins selon les secteurs et les statuts.

L’Observatoire identifie différents obstacles structurels, dont :

-  Le financement bancaire : un handicap dès le départ. Les TPE dirigées par des femmes lèvent 25% de nouveaux crédits en moins que celles dirigées par des hommes. L’écart diminue quand l’entreprise grandit, mais le retard initial pénalise durablement la trajectoire de croissance.

-  Le capital-risque : un fossé abyssal. Si 20% des startups en France sont fondées par au moins une femme, le financement suit une logique nettement inégalitaire : le ticket moyen des équipes 100% féminines est inférieur de 77% à celui des équipes 100% masculines. Or le capital-risque est le carburant de l’hypercroissance de ces entreprises.

-  La complexité administrative : une double peine. Les femmes étant plus nombreuses à diriger des très petites entreprises, elles subissent davantage la surcharge administrative. À cela s’ajoute une charge mentale renforcée par la difficulté à articuler vie professionnelle et personnelle.

Face à cela, l’Observatoire propose des solutions concrètes :

-  Mesurer pour piloter : instaurer plus de transparence sur la performance économique des entreprises dirigées par des femmes ;

-  Accélérer le financement de la croissance en créant des dispositifs orientés vers le passage PME vers ETI ;

-  Intégrer l’IA comme accélérateur : rendre l’intelligence artificielle systématique dans les dispositifs d’accompagnement dédiés aux femmes ;

-  Créer un statut spécifique dans les dispositifs publics de garde d’enfants, pour accompagner concrètement les entrepreneures, sans discrimination.

Fariha Shah, vice-présidente de la CPME en charge de l’entrepreneuriat au féminin et fondatrice de Cominty.AI, conclut : « L’ère de la justification est terminée. Place à l’ère de l’accélération. Cet observatoire n’est pas une fin en soi, mais une invitation à bâtir ensemble un avenir où le talent et l’ambition sont les seuls critères qui comptent. »

* L’Observatoire, construit à partir des données publiques de 200.000 entrepreneures, a été élaboré par Les Alfas de l’économie, une initiative de la CPME visant à rappeler la place essentielle des femmes dans l’économie, et à lever les verrous qui entravent leur développement.