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Plan Grand Age : procrastination ou ultime renoncement ?

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(Crédits : Capture d’écrant site https://www.una.fr/ )

La présentation du plan Grand Age du Gouvernement qui aurait dû se dérouler aujourd’hui a été repoussée sine die, suite à l’annonce de démission de la Ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

Plus qu’un report, il s’agit d’un abandon, tant il est désormais illusoire d’envisager, avant les élections présidentielles de 2027, un plan dont l’ampleur pourrait répondre aux enjeux démographiques.

C’est un camouflet de plus pour l’ensemble des personnes nécessitant un soutien à l’autonomie du fait du handicap, de la maladie ou du grand âge. C’est un camouflet également pour les professionnels des services et établissements qui interviennent auprès d’elles. C’est un épisode de plus de l’aveuglement des forces politiques concernant un sujet explosif, annoncé de longue date, par nombre de rapports, études, et autres missions parlementaires.

Ainsi en est-il de la récente étude de la DRESS montrant l’urgence à recruter dans le secteur afin d’avoir la capacité d’accompagner toute la population en fragilité. Le service statistique du ministère de la santé lui-même estime qu’il faudra créer 365 000 places supplémentaires dans les Ehpad et embaucher entre 150.000 et 200.000 personnes dans les établissements et dans le secteur de l’aide à domicile pour gérer le vieillissement de la population. De même, la Cour des Comptes relève les très fortes inégalités d’accès aux droits pour les personnes handicapées ou âgées, selon le département où elles vivent.

Face à cela, la seule réponse est une fois de plus le recul, voire le renoncement.

Le secteur de l’autonomie souffre : les établissements et les services sont en difficulté financière, les professionnels sont sous payés et travaillent dans des conditions de plus en plus déplorables, les personnes âgées et en situation de handicap peinent à avoir accès aux services dont ils ont besoin, le virage domiciliaire est au point mort. L’ensemble de notre secteur est en droit d’attendre que le Gouvernement réalise la promesse qui avait été faite en créant la branche Autonomie il y a 5 ans : garantir les droits de nos concitoyens les plus fragiles dans le cadre de la sécurité sociale. Malheureusement, il s’agit pour l’instant d’une promesse non tenue. En n’offrant comme perspective des politiques de l’autonomie que la décentralisation, le Premier Ministre annonce en fait un affaiblissement de la 5ème branche en envisageant de réduire son périmètre au profit des départements.

Parce que notre souci est le mieux-être des personnes que nous accompagnons, parce que nous voulons une réelle universalité de leurs droits, nous ne pouvons nous résigner à cet état de fait. UNA demande donc dès à présent plus qu’un plan Grand Age, mais un véritable plan Autonomie présenté à l’ensemble du secteur par le Premier Ministre.