Prix des carburants : le transport routier face à un choc de trésorerie immédiat !
Transports. Dans le contexte de très forte hausse des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux événements récents en Iran, la FNTR Bourgogne alerte sur les conséquences immédiates pour les entreprises de transport routier de marchandises.
Dans le contexte de très forte hausse des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux événements récents en Iran, la FNTR Bourgogne alerte sur les conséquences immédiates pour les entreprises de transport routier de marchandises. Si les entreprises du secteur disposent de mécanismes contractuels d’indexation du carburant permettant de répercuter les hausses sur leurs tarifs, ces dispositifs fonctionnent avec un décalage temporel. Concrètement, les hausses constatées aujourd’hui ne seront intégrées dans les indices qu’à compter du 1er avril, laissant les transporteurs absorber seuls, un choc de trésorerie particulièrement brutal.
On constate que même avec ce mécanisme contractuel, les relations commerciales deviennent particulièrement tendues car la situation des entreprises clientes sont également dégradées. « Nous sommes face à une situation très préoccupante. Les entreprises du transport n’avaient pas besoin d’un tel tsunami dans un contexte économique déjà fragile. La hausse est rapide, violente, et elle frappe immédiatement les trésoreries », souligne Sylvain Baudry, président de la FNTR Bourgogne. À titre d’exemple, certaines entreprises évaluent déjà l’impact financier à plusieurs centaines de milliers d’euros sur un seul mois. Pour un transporteur régional, les projections réalisées sur la base des prix observés ces derniers jours font apparaître un surcoût de près de 280.000 € pour le seul mois de mars.
Mobilisation nationale de la FNTR
Au niveau national, la FNTR suit la situation quotidiennement et participe aux cellules de crise organisées par le Gouvernement. Des échanges réguliers sont menés avec la DG Trésor, la DGITM, les ministères de l’Économie et des Transports, ainsi qu’avec les organisations patronales. La profession a notamment alerté les pouvoirs publics sur plusieurs points majeurs : la hausse brutale des prix à la cuve, qui nécessite un renforcement des contrôles par la DGCCRF ; la fragilité de la trésorerie des entreprises de transport, qui ne leur permet pas d’absorber seules ces fluctuations ; la nécessité que les donneurs d’ordre acceptent des facturations intermédiaires ou des avances de paiement afin de limiter les tensions financières et prennent en compte le mécanisme d’indexation carburant.
Le Comité National Routier (CNR) publiera par ailleurs des données actualisées sur l’évolution des prix du carburant afin d’aider les transporteurs dans leurs discussions avec leurs clients. Des mesures d’urgence à envisager. Pour la FNTR Bourgogne, cette crise remet sur la table la question de mécanismes d’amortissement permettant d’éviter que les entreprises de transport ne subissent seules ces chocs. « Il serait utile d’étudier des dispositifs permettant d’absorber une partie de ces fluctuations exceptionnelles, comme cela a déjà été évoqué par le passé avec une TICPE flottante ou d’autres mécanismes de stabilisation », estime Sylvain Baudry.
Secteur stratégique pour l’économie
La FNTR rappelle que le transport routier est un maillon essentiel de l’économie française. Toute fragilisation des entreprises du secteur entraîne des conséquences directes sur l’ensemble des filières économiques. « Si le transport s’arrête, c’est toute l’économie qui s’arrête. Nous appelons à une mobilisation collective – pouvoirs publics, chargeurs et acteurs économiques – pour éviter que cette crise énergétique ne se transforme en crise économique pour nos entreprises », conclut Sylvain Baudry.