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93e année

Alo Viti, la boîte à outils des viticulteurs

Viticulture. À Chagny, Anaïs Laborde vient d’ouvrir les bureaux de son entreprise très particulière : Alo Viti, un cabinet d’accompagnement spécialisé dans le domaine viticole.

Alo Viti, la boîte à outils des viticulteurs
(Crédit photo : Etienne Ramousse - Alo Viti)

C’est parce que, dans son métier de commerciale export dans la viticulture, Anaïs Laborde a constaté qu’elle devait souvent aider ses clients dans leurs démarches que cette diplômée en BTS tourisme a eu l’idée de monter son cabinet. Alo Viti, qui vient d’inaugurer ses locaux à Chagny est un cabinet d’accompagnement administratif dédié aux viticulteurs : « J’ai passé un BPREA mais je me suis vite rendu compte que je n’aimais pas plus le travail de la vigne que les vignerons n’aiment remplir des papiers ». Et l’idée a semblé séduire les professionnels : « Je n’ai jamais démarché. Tout s’est fait par connaissance et nous avons aujourd’hui accompagné plus de 150 viticulteurs ». On, car depuis 2021, Anaïs Laborde a embauché une autre Anaïs, Chemarin, ingénieure agronome et experte dans la fabrication du vin.

Une aide à la gestion et au développement

Leur mission, assister les viticulteurs dans les démarches administratives : « Cela peut aller des formalités douanières, aux stocks mensuels en passant par des premiers rendez-vous à l’export ou les fiches techniques. Nous les accompagnons sur tout ce qui est important et donc prend du temps dans un domaine viticole. » Et pour cause, comme tous les chefs d’entreprises, les vignerons sont de plus en plus confrontés à la lourdeur administrative : « Quand nous démarrons un accompagnement, nous faisons face à deux sortes de viticulteurs : ceux qui s’en foutent et sont totalement hors des clous et ceux qui sont conscients de la problématique et savent que c’est une plus-value ». Une boîte à outils donc qui aide les vignerons au quotidien dans la gestion de leur entreprise, mais aussi à obtenir des subventions ou à connaître leur marché : « J’ai l’exemple d’un domaine qui faisait chaque année des prêts vendange tout en exportant en Corée. Je connais le marché coréen qui est habitué à régler en avance avec un escompte. Nous avons négocié l’escompte et les clients paient en juillet, ce qui évite la contraction d’un prêt annuel. »


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Dans le contexte commercial actuel, Anaïs Laborde reconnaît que la gestion administrative représente parfois un frein au développement des entreprises : « On ne peut pas demander à des vignerons d’être experts en informatique » mais souhaite aussi que les missions de son cabinet restent un accompagnement : « Je suis issue du milieu agricole. J’ai vu des consultants venir 20 ans. Pour ma part, je souhaite apporter une aide ponctuelle aux vignerons et les remettre “sur le droit chemin”, administrativement parlant ». Une nuance entre dépendance et accompagnement qui fait le succès de son cabinet : « Certains que je voyais une fois par semaine m’appellent en cas de besoin, par réflexe, pour nous poser des questions auxquelles nous devons trouver des réponses ; c’est ce qui donne du sens à notre métier ».

Antoine Gavory