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93e année

Vins de Bourgogne : vers un millésime 2022 exceptionnel

Viticulture. Alors que les stocks à la propriété sont au plus bas, impactant le marché à l’export, après une petite récolte 2021, le millésime 2022 semble plus généreux et pourrait bien surpasser la non moins exceptionnelle année 1959.

Vins de Bourgogne : vers un millésime 2022 exceptionnel
(Crédit : Pixabay)

« Notre région a encore une fois produit un millésime d’une qualité et d’un volume exceptionnel.  » C’est en ces termes que le président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) François Labet a décidé d’ouvrir sa conférence de presse donnée mercredi 21 septembre à Beaune. À l’ordre du jour, les vendanges et la situation économique, après une campagne en tension. «  Ça a finalement été une saison idéale pour nos vignobles, s’enthousiasme-t-il. Nous avons eu très peu de pression de maladies, ni d’accidents climatiques, sinon quelques incidents dûs à de fortes précipitations en juin mais qui ont bénéficié à la vigne qui a su s’adapter. Si nous craignions une sécheresse importantes, les vignes ont finalement peu souffert du manque d’eau et ont su aller puiser en profondeur  ».

Côté vendanges, l’interprofession affirme que ce rendez-vous annuel s’est déroulé dans de bonnes conditions et sous le soleil  : «  Vignerons et négociants manifestent largement leur plaisir. Après des volumes historiquement bas en 2021, suivi d’une année climatique compliquée, le millésime 2022 crée la surprise, cumulant qualité et quantité. Beaux équilibres, état sanitaires parfait, belle extraction de couleur... Difficile de rêver mieux  !  ». Certains osent même déjà le comparer au millésime 1959 voire à dire que «  2022 pourrait être meilleur encore qu’un des plus grands millésimes du XXème siècle  ». De quoi redonner du souffle à la Bourgogne en termes de disponible et de potentiel de ventes, alors que la région viticole connaît des écarts de production de plus en plus marquées ces dernières années avec une production moyenne en baisse depuis 2003.

Des stocks au plus bas

«  Si on regarde la production sur 20 ans, on peut observer une certaine stabilité, souligne Laurent Delaunay, président délégué du BIVB. Mais cela est dû au fait que les surfaces viticoles ont légèrement augmentées de l’ordre de 1 % par an. Finalement à l’hectare, la production est bien en diminution  ». Malgré une récolte 2021 historiquement basse en volume (997.000 hectolitres, - 30 % en moyenne sur les cinq dernières années), les sorties de propriété n’ont baissé que de 15 % (1,3 million d’hectolitres). «  Cela signifie que les professionnels ont destocké au maximum... Nous avons raclé les fonds de terroirs  », s’amuse Laurent Delaunay.


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Sur le marché français, la baisse de pouvoir d’achat se fait ressentir sur la grande distribution (- 25,2 % en volume et- 16,7 % en chiffre d’affaires sur les huit premiers mois de l’année 2022). Enfin, l’export est lui aussi affecté par la disponibilité. Les vins de Bourgogne ont en effet connu un ralentissement de 10,6 % en volume sur les six premiers mois de l’année. Toutefois, ce manque de vin s’est accompagné d’une jolie valorisation  : + 12,4 % en chiffre d’affaires. Le top 5 des pays qui importent le plus (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Japon, Belgique) ont tous connu une baisse des volumes de 8,6 % pour le Royaume-Uni à 30,9 % en Belgique.

Côté chiffre d’affaires, à part la Belgique qui affiche une baisse de 1,7 %, les quatre premiers pays importateurs affichent des hausses de valeur allant de 4,4 % pour les États-Unis à 18 % pour le Royaume-Uni. Un pays est sorti du lot, sur ces six premiers mois, la Suède avec une croissance de 3,5 % en volume et de 24,7 % en valeur. «  Finalement, ce qu’on attendait s’est produit, rien de surprenant. Il faudra certainement deux belles récoltes pour retrouver un équilibre des marchés.  »

Antonin Tabard