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93e année

La côte des vins à l’heure du cassis

Agriculture. Bien que la récolte du cassis ait débuté sur la côte de Beaune, les rendements inquiètent les exploitants. La baie noire a en effet subi de nombreux aléas climatiques tandis que les prix de vente ne devraient pas compenser les pertes.

La récolte du cassis a débuté en Côte-d’Or mais la météo n’a pas épargné les rangs avec des pertes pouvant atteindre 70% de la production. (Crédit : Nadège Hubert)

Avec une perte estimée à 70% de la production habituelle, la filière cassis débute sa récolte avec le souci de préserver ce qu’il reste. Après le gel en avril qui n’a laissé que la moitié de la production, le fruit a chuté sous les effets de la canicule début juin avant de finir de s’abîmer sous la grêle et le vent des orages des dernières semaines. « Au cumul, on ne devrait avoir que 30% d’une récolte normale qui donnerait entre 1.500 et 2.000 tonnes de fruit. »


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Florent Baillard, président de la coopérative agricole Socofruits et exploitant, rappelle que sur la cinquantaine d’adhérents producteurs de cassis, une trentaine récolte le fruit sur environ 600 hectares de surface. Les autres l’exploitent sous forme de bourgeons et le récolteront en janvier pour le compte du secteur de la parfumerie notamment.

Un rouage de l’économie locale

Avec un chiffre d’affaires annuel de 2,5 millions d’euros, « une année classique », la coopérative apporte sa pierre à l’édifice de l’économie locale. « Il faut compter un salarié pour 20 à 25 hectares de cassis, un pour 5 hectares de vigne et seulement un salarié pour 250 hectares de culture céréalière » détaille Florent Baillard. Pour cette récolte 2022, afin d’éviter une nouvelle déconvenue, l’exploitant fait tourner ses machines et ses équipes 24 heures sur 24. « Nous avons une grande surface à récolter et peu de temps pour le faire. »

Malgré les faibles quantités attendues, le producteur de cassis doit livrer ses clients, le camion frigorifique attend à côté des rangs d’être plein pour partir. Le fruit frais pourra alors rejoindre les cuveries des liquoristes de Dijon ou Nuits-Saint-Georges ou partir dans un entrepôt où il sera surgelé avant d’aboutir chez des industriels de l’agro-alimentaire. Malgré les pertes, ces derniers paieront le même prix. « Nous avons des tarifs négociés de façon pluriannuelle, entre 1.000 et 2.500 euros de la tonne. Cela intègre une année difficile ponctuellement mais cela devient récurrent, nous allons devoir rediscuter avec eux pour l’avenir. »

Nadège Hubert