Informations régionales économiques et juridiques
93e année

Aider les particuliers à la prise de décision pour leurs travaux de rénovation énergétique

Energie. Mardi 5 juillet, la Cellule économique régionale de la construction (CERC) Bourgogne Franche-Comté inaugurait officiellement à Besançon l’Observatoire régional de la rénovation énergétique et des coûts (Orrec).

Aider les particuliers à la prise de décision pour leurs travaux de rénovation énergétique
(Crédit : pvproductions)

La rénovation énergétique des logements de particuliers est une problématique majeure de la transition écologique de la France et plus particulièrement de la Bourgogne Franche-Comté. Avec 68 % de logements en région reconnus comme « énergivores » (contre 62.3% en France), cette question prégnante exige un traitement particulier du fait de la dispersion des bâtiments concernés, de la diversité des actions à mettre en place et de leurs coûts (tant pour les ménages que pour les acteurs publics). En Bourgogne Franche-Comté, le conseil régional, l’Ademe et la Dreal ont ainsi confié à la Cellule économique régionale de construction CERC le soin de mettre en place l’Observatoire régional de la rénovation énergétique et des coûts (Orrec). Après une phase de préfiguration qui s’est déroulée de 2019 à 2021, ce dispositif va se déployer jusqu’en 2023.


>LIRE AUSSI : Transition énergétique : Aléonard va valoriser la chaleur perdue de ses fours


Ses objectifs sont de fournir des données statistiques fiables et pertinentes sur la situation locale des logements de particuliers, de mesurer les performances énergétiques réalisées et de fournir des informations solides, non contestables et actualisées aux particuliers, aux professionnels du bâtiment, aux acteurs du conseil en rénovation énergétique et aux services publics. « L’originalité de cet outil, inauguré aujourd’hui sur le site de Micropolis à Besançon, réside également dans le fait qu’il prend en compte les coûts liés à la rénovation énergétique sous deux angles  : celui des travaux à proprement parler et celui de l’estimation des gains en consommations énergétiques obtenues après leur réalisation. Il offre également un état des lieux du marché régional », appuie Ingrid Chlésa, chargée de missions à la CERC.

« La région accompagne fortement tous les champs de l’efficacité énergétique, affirme Amandine Rapenne, conseillère régionale déléguée en charge des transitions énergétiques et alimentaires dans les lycées. La Franche-Comté a été l’un des premiers territoires, dès 2009, à s’engager dans le programme Effilogis, qui accompagne les particuliers dans la rénovation au niveau Bâtiment basse consommation (BBC). Dispositif que nous avons étendu à l’ensemble de la Bourgogne Franche-Comté en 2018. À cela s’est ajouté des solutions d’encouragement à l’utilisation des matériaux biosourcés... Sur cet enjeu de l’efficacité énergétique, nous innovons encore aujourd’hui avec l’Orrec, qui associé au Pôle Énergie et aux services de la région permet de disposer d’une masse d’informations significatives à destination des particuliers et de tous les acteurs de ce secteur ».

Une aide à la décision

«  Dans ce champ de la rénovation énergétique qui compte autant d’acteurs que de dispositifs d’aides et autant de logements que de solutions, l’Orrec apparaît comme un bloc indispensable de la stratégie énergétique régionale, notamment parce qu’il permettra aux particuliers de juger des coûts des chantiers, d’objectiver par exemple les augmentations liées à la hausse des matières premières, de jauger le retour sur investissement...De prendre la bonne décision pour la bonne rénovation », argue Jean-Luc Saublet, directeur régional délégué de l’Ademe BFC. Aujourd’hui l’Orrec a déjà compilé 500 dossiers de travaux soldés en 2021 (issus de rénovations subventionnées  : programme Habiter Mieux, Éco-PTZ, CITE...) et devrait enregistrer 1.300 dossiers entre 2022 et 2023.

« Issue de collaboration multiple, notre outil se veut hyper évolutif et vivant  », précise Louis Baumont, chargé d’études à la CERC, qui a pu offrir à l’assemblée réunie pour l’occasion les premières remontées des données statistiques liées aux 500 premiers dossiers traités. À la lumière des chiffres il apparaît ainsi que la date de construction n’influe pas sur le coût moyen de la rénovation énergétique, que ce dernier en BFC est de 20.900 euros, que le gain moyen économisé après travaux en kilowatt-heure par mètre carré et par an est de 117 euros et qu’il faut compter au moins six actions de rénovation combinées pour que le gain énergétique soit significatif...

Frédéric Chevalier