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93e année

Besançon veut redynamiser son ruisseau de cœur de ville

Environnement. Grand Besançon Métropole (GBM) lance des études d’un montant estimé à 100.000 euros en vue de restaurer le bon état écologique du ruisseau bisontin de la Moullière.

Besançon veut redynamiser son ruisseau de cœur de ville
(Crédit : JGS25/Wikipédia)

La restauration du ruisseau de la Mouillère à Besançon est inscrite au plan d’actions du contrat de rivière « Vallée du Doubs et territoires associés ». Cette opération est portée par GBM, dans le cadre de sa compétence Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi). Ce cours d’eau, non couvert par un syndicat, totalement bisontin de sa source à sa confluence avec le Doubs (350 mètres), dispose d’un bassin versant de 40 kilomètres carrés s’étend principalement sur la commune de Besançon, la quasi-totalité de la forêt de Chailluz et une partie de la commune de Thise. Il demeure cependant peu connu, malgré quelques diagnostics anciens réalisés par la ville dans le cadre de son Plan local d’urbanisme (PLU), par l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) Saône et Doubs ou par la Fédération de pêche et de protection des milieux aquatiques du Doubs.


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« En grand partie enterré ce cours d’eau est sujet à pollution, précise Gilles Ory, conseiller communautaire en charge de la Gemapi. L’histoire urbaine du quartier et le détournement du cours d’eau à des fins artisanales ou industrielles (moulins puis brasserie...) contribuent à expliquer la dégradation du fonctionnement du ruisseau observée actuellement. D’un linéaire peu contraint au 19e siècle, le ruisseau de la Mouillère a subi des modifications au cours du temps, comme sa couverture suite à la mise à 2x2 voies de l’avenue Foch et la création du parking Isenbart au niveau de sa source. Il a été canalisé puis enterré sur une grande partie de son circuit ».

Un ruisseau en site classé Unesco

Peu d’éléments sont disponibles sur la qualité physico-chimique des eaux de la Mouillère. Toutefois, un temps de séjour très court des eaux d’infiltration dans le karst peut expliquer des pollutions ponctuelles que subit la source, dans un contexte urbain et avec la présence de l’autoroute A36 (métaux). Les pollutions aux nitrates observées au début des années 2000, sont sans doute dues à des pressions d’origine agricole ou domestique. De plus, la morphologie du cours d’eau contribue à l’absence de milieux favorables à la biodiversité. Deux zones humides sont également identifiées, permettant notamment la régulation des débordements du cours d’eau, mais elles ne sont pas correctement connectées au cours d’eau.

« C’est pourquoi, avant toute réalisation de travaux, il s’agit de disposer d’un diagnostic complet du cours d’eau afin d’évaluer les différentes possibilités d’aménagement pour atteindre le bon état écologique du ruisseau. Les conclusions de ces études nous permettrons d’arrêter un choix entre différents scénarii, au regard des objectifs fixés, des gains écologiques attendus (comme la restauration des dynamiques piscicoles et la reconnexion des zones humides...) et du montant des travaux induits, sachant qu’une partie de son parcours se situe au cœur des fortifications de Vauban inscrites à l’Unesco », précise Gilles Ory.

Frédéric Chevalier