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Bourgogne-Franche-Comté : région sous hydrogène

Énergie. Les 8 et 9 novembre s’est tenu à Montbéliard le Forum « Hydrogen Business For Climate ». Cette rencontre qui a réuni des acteurs et des experts internationaux autour de l’Hydrogène a également permis à la région Bourgogne Franche-Comté de présenter sa politique d’accélération vers la transition énergétique.

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Région Bourgogne-Franche-Comté : région sous hydrogène
(Crédit : UTBM)

Depuis plusieurs années, et encore plus face aux enjeux climatiques et énergétiques actuels, la collectivité régionale s’est engagée dans le développement de l’Hydrogène comme vecteur énergétique et élément-clé dans sa stratégie de transition énergétique. « Nous avons adopté une trajectoire et des orientations ambitieuses dans notre Schéma régional d’aménagement et de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet) pour aller vers une région à énergie positive et bas carbone. L’hydrogène y a sa place », affirme Marie-Guite Dufay, président de la région Bourgogne Franche-Comté. Pionnière dans le domaine de l’hydrogène, grâce aux travaux autour de la pile à combustible de l’Université technologique Belfort-Montbéliard, la région est ainsi labellisée « Territoire hydrogène » depuis 2016.

En 2019, la collectivité a engagé près de 100 millions d’euros pour soutenir plusieurs projets, d’ici à 2030, au titre de sa feuille de route hydrogène. « Par exemple, la région a accompagné le projet de station hydrogène, sur le territoire Auxerrois non seulement pour bâtir un système complet de transport public 100 % énergies renouvelables à base d’hydrogène, mais pour mettre sur pied tout un écosystème qui intégrera à terme les mobilités (dont le train), les véhicules utilitaires de flottes privées et publiques, les besoins de l’industrie, la navigation fluviale... ».


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Au total, la collectivité a déjà mobilisé 4,5 millions d’euros pour soutenir le déploiement des écosystèmes de mobilité hydrogène d’Auxerre, Dijon et Belfort et, l’an dernier, elle a été la première région de France à officialiser une commande de trois trains à hydrogène. Conçu et fabriqué par Alstom, le train régional Coradia Polyvalent bi-mode hydrogène (électrique et H2), pourra transporter jusqu’à 220 passagers entre Auxerre et Laroche-Migennes. « Aboutissement d’un travail engagé en 2018, mené en partenariat avec les équipes SNCF et trois autres régions, les premiers essais des TER à hydrogène sont prévus pour 2023 », précise la région dans un communiqué.

Des formations orientées hydrogène

L’enjeu est aujourd’hui le passage à l’échelle supérieure. La région soutient fortement la R&D privée, ce qui a d’ailleurs permis de favoriser des implantations telles que le centre de Forvia/Faurecia à Bavans ou la création d’un centre de tests de réservoirs à Belfort. C’est dans cet écosystème complet du Nord-Franche-Comté que les industriels tels que McPhy et GenHy ont décidé de s’implanter. La collectivité territoriale soutient également le développement des compétences dont les entreprises auront besoin. L’étude commandée en 2020 à Emfor avait permis de mettre en évidence que, même si les métiers de l’hydrogène ne sont pas des métiers nouveaux, il convient d’anticiper les recrutements massifs à venir par la mise en place d’une « polarisation hydrogène » sur des formations existantes, tant initiale que continue, pour répondre aux besoins RH, à court terme, en ingénieurs et cadres et, à moyen et long terme, de profils en production dans le cadre du passage à une production plus massive d’électrolyseurs, réservoirs et composants hydrogène.

S’il existe, depuis 2014, un cursus master en ingénierie dédié à l’hydrogène-énergie, la région va ainsi acheter un module de formation à distance pour l’ensemble des demandeurs d’emploi des métiers potentiellement impactés par l’hydrogène. Ce module sera proposé sur les formations 2023 à une cible de 500 à 1.000 stagiaires. « L’hydrogène représente non seulement un moyen de lutter contre les effets du réchauffement climatique, mais aussi un vecteur d’emploi, d’attractivité et de croissance pour notre territoire. Notre objectif est clair : être présent sur toute la chaîne de valeur de la filière, depuis la production jusqu’aux usages. C’est cette ambition qui fait aujourd’hui de la Bourgogne Franche-Comté une place forte de l’hydrogène en Europe. C’est cette ambition qui est reconnue par la Commission européenne, et qui attire des projets d’envergure européenne. L’hydrogène est aujourd’hui un levier en faveur de notre souveraineté énergétique, de la protection de notre environnement, de la construction d’une nouvelle filière industrielle, et de la création d’emplois de demain. L’avenir de l’hydrogène s’écrit ici et maintenant », affirme Marie-Guite Dufay.