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93e année

Début des gros œuvres sur le chantier du musée de la résistance et de la déportation de la Citadelle

Travaux. Après une fermeture, le 6 janvier 2020, du musée de la résistance et de la déportation de la Citadelle de Besançon et un déménagement en décembre de la même année, le chantier de métamorphose de ce site bisontin de référence entre dans la phase des gros œuvres. Ouverture prévue à l’été 2023.

Musée - Résistance - Réouverture - Travaux
Le musée de la résistance et de la déportation de la Citadelle de Besançon va réouvrir ses portes à l’été 2023. (Crédit : Citadelle de Besançon)

Depuis 1971, le musée de la résistance et de la déportation fait figure de référence parmi les sites dédiés à la Seconde Guerre mondiale. Fermé pour travaux depuis plus de deux ans, il doit renaître totalement transformé à l’été 2023. « Le musée est entré, depuis janvier 2020, dans une phase de métamorphose à 360 degrés : espaces entièrement repensés, muséographie inédite, personnification de l’Histoire à travers des itinéraires de vie personnels, valorisation des collections, programmation culturelle dynamique sans oublier une volonté affirmée d’accompagner la recherche... », explique Alexandre Arnodo, directeur de la Citadelle de Besançon.

Le premier musée de la résistance et de la déportation de Besançon voit le jour à la Citadelle le 17 juillet 1971 grâce à Denise Lorach, ancienne déportée. Son succès conduit à envisager l’agrandissement et le déménagement du musée dans le bâtiment qu’il occupe actuellement, au cœur de la Citadelle. Il est inauguré le 8 septembre 1982. La scénographie du premier comme du deuxième musée est l’œuvre de Guy Langlois, décorateur à l’Institut national de recherche et de documentation pédagogique (INRDP) de Paris. Il est labellisé « Musée de France » depuis 2002.


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Après avoir accueilli plus de deux millions de visiteurs, le musée ferme ses portes le 6 janvier 2020 avec l’ambition de renouveler son approche pour renforcer son rôle d’outil citoyen. « C’est cette double nature, musée d’Histoire, fidèle à ses origines, et outil citoyen, au service de l’éducation civique, que le musée veut incarner pour l’avenir ». Après déménagement des collections en décembre 2020, les travaux de désamiantage, de curage du bâtiment et de terrassement, réalisés au début de cette année, le chantier rentre aujourd’hui dans sa phase de gros œuvre. De janvier à août 2023, les expositions permanentes et temporaires feront leur retour, ainsi que les agents, avant l’ouverture au public de ce musée totalement rénové.

Dans le détail, la future exposition permanente du musée, entièrement repensée, n’occupera plus qu’un seul niveau. «  Elle proposera, à travers les collections, de suivre quelques parcours personnels, personnifiant ainsi l’histoire pour la rendre plus sensible, plus proche, à l’heure où, comme Odile Selb-Bogé et Pierre Rolinet décédés récemment, les derniers témoins disparaissent ». Deux salles dédiées à l’art en déportation complètent ce parcours permanent.

Un musée dans un lieu de mémoire

De nouveaux espaces temporaires permettront de proposer chaque année une exposition nouvelle. Ce sont autant d’objets et de documents sortis des réserves qui pourront être ainsi présentés au public. « L’occasion donc de construire des manifestations culturelles de qualité en travaillant avec d’autres établissements, au plan régional comme au plan national », défend le gestionnaire des lieux.
Enfin, par son architecture et son parcours s’ouvrant sur l’extérieur, le nouveau musée attirera l’attention du visiteur sur l’histoire de la citadelle sous l’occupation, lieu d’exécution de 100 résistants. « Cette connexion intime entre histoire et mémoire, à l’heure actuelle quasi invisible du public, sera ainsi compréhensible aux yeux de tous », affirme le directeur.

Stéphane Bourdier