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93e année

GBM et l’état signent de nouveaux Paqte pour l’insertion des jeunes des quartiers

Insertion. Mercredi 29 juin, 24 nouvelles entreprises de Grand Besançon Métropole (GBM) ont signé le Pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises (Paqte). Elles rejoignent les 52 premières sociétés à s’être engagées dans cette démarche en octobre 2021.

Anne Vignot, présidente de GBM et maire de la ville, François Colombet, préfet du Doubs signe avec une chef d’entreprise locale un Paqte. (Crédit JDP).

Initié en 2018 par le ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, le Paqte vise à faciliter l’orientation et l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi issus des quartiers prioritaires et à contribuer au développement économique et social de ces derniers. Au niveau national environ 150 entreprises se sont engagées dans cette initiative gouvernementale. Dans la métropole bisontine, l’engouement pour le dispositif s’est illustré par la mobilisation, le 27 octobre 2021, de 52 entreprises, moins d’un an après son lancement local.

Soucieux de proposer un outil qui s’inscrive au plus près des réalités du territoire, GBM a travaillé avec l’état pour donner corps à une version bisontine sur-mesure du Paqte. Cette nouvelle mouture s’enrichit de la mobilisation des acteurs locaux impliqués dans le développement des quartiers de la politique de la ville et des initiatives portées par l’agglomération afin de donner davantage de poids aux actions. Les entreprises signataires du Paqte s’engagent ainsi au choix à être actrices de l’orientation et de l’insertion professionnelle via notamment la proposition de stages découverte en entreprises aux élèves des quartiers de troisième et des filières professionnelles, l’intervention en milieu scolaire pour des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat et de présentation des métiers ou par le développement de mécénat financier et de compétences en direction des acteurs associatifs situés dans les quartiers prioritaires de la ville.


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En regard la collectivité s’engage elle aussi à accueillir chaque année des jeunes de troisième en stage, mais aussi à les accompagner dans leur recherche et candidature de stages, notamment au travers de l’action « un stage sur mesure ». Sur le volet de la formation et de l’insertion professionnelle, les entreprises acceptent d’intervenir dans la formation professionnelle avec des actions de promotion de l’alternance ou en accueillant des résidents des quartiers pour des périodes d’immersion en entreprise. Elles s’engagent à recruter en alternance des personnes issues des quartiers prioritaires et à former des maîtres d’apprentissage à leur accueil et leur encadrement. Dans ce processus, les entreprises profiteront d’un soutien financier. Les sociétés peuvent aussi s’engager à proposer aux salariés de devenir parrains ou marraines d’une personne souhaitant s’insérer professionnellement, mais également à sensibiliser et former leurs équipes à la non-discrimination dans le recrutement et le déroulement de carrière. Les entreprise signataires peuvent encore mobiliser les structures d’insertion implantées dans les quartiers de la politique de la ville pour leurs achats (Brasserie de l’Espace dans le quartier de Planoise, Cuisine Mode d’Emploi à Palente, École de production...). Elles et les collectivités s’engagent par ailleurs à intégrer une clause sociale dans ses candidatures aux marchés publics...

De la fraternité dans le vivre ensemble

Le bilan de la première vague de signatures en fin d’année 2021 fait état d’une soixantaine de collégiens accueillis en stage de découverte et de plus 70 contrats d’apprentissage ou de promesses d’embauches. Des entreprises comme Mc Donald’s, My Little Italy, Keolis, Ibride, Leroy Merlin ou Darty avaient alors joué le jeu, aujourd’hui pour cette deuxième séance de signatures on trouve parmi les 24 nouveaux adhérents à la charte des sociétés comme Grupo Antolin, le complexe de loisir Aux Ateliers, la société d’informatique Online Formapro, l’Urssaf, le Gare BTT... Pour Anne Vignot, présidente de GBM et maire de la ville : « Par cette démarche, nous sommes ici dans le concret et l’opérationnelle ».

Quant à Jean-François Colombet, préfet du Doubs, il tient à remercier toutes ces entreprises qui se mobilisent ainsi. « Je sais vos difficultés dans cette période riche en incertitudes (conflit en Ukraine, inflation, difficultés de recrutement...) et je salue votre implication dans ce territoire où pour prendre l’exemple de Besançon - ville qui tend vers le plein emploi - 294 jeunes de moins de 25 ans sont inscrits à Pôle Emploi. Ce que nous faisons avec le Paqte, c’est une opération de fraternité qui vient rééquilibrer nos deux autres devises républicaines, par nature antinomiques, que sont la liberté et l’égalité. En ajoutant de la fraternité au vivre ensemble nous comblons les interstices qui fracturent notre société  ».

Frédéric Chevalier