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La biopsie minute, une révolution pour le diagnostic médical

Santé. Dépister un cancer en quelques minutes est désormais possible au sein du centre hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône à travers le programme Biopsie Minute.

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Photo d'un médecin dans un hôpital
(Crédit : Freepik)

C’est le mal du siècle, imprévisible, parfois indétectable et celui que tout le monde redoute. Avec plusieurs centaines de variantes, le cancer qui cache un tas de maladies sous-jacentes entraîne chaque année la mort de plus de 160.000 personnes. En cause ? Le diagnostic tardif, la présence ou non de métastases et l’absence parfois de symptômes jusqu’au stade le plus évolué de la maladie.

Mais au centre hospitalier William Morey, Thomas Maldiney, médecin réanimateur, a fondé en 2022 avec le soutien du conseil départemental de l’Association pour la recherche médicale en Saône-et-Loire (ARMSL) qui vise à démocratiser la recherche en dehors des CHU et à mailler le territoire en Bourgogne Franche-Comté. Salué comme « l’Homme de l’année » des Talents de Saône-et-Loire, Thomas Maldiney vient de déployer avec l’ARMSL, aux CHU de Dijon, Mâcon et Châlon, à une échelle inédite en France, la biopsie minute : « Nous sommes dans la phase de recherche. Les prélèvements de tissus sont donc à la fois traités par l’imagerie mais aussi par les méthodes conventionnelles. L’idée à terme est de pouvoir réagir rapidement sur des pathologies qui peuvent évoluer vite ».

Premiers essais concluants

Reposant sur l’intelligence artificielle, l’appareil est capable d’analyser un prélèvement tissulaire et de fournir des images 3D en moins d’une heure (contre une quinzaine de jours avec un équipement conventionnel). L’analyse va ainsi permettre de souligner une lésion des tissus, une prolifération anormale des cellules ou une dégradation qui sera, dans cette phase, confirmée par les analyses conventionnelles : « La biopsie est utilisée pour de nombreuses pathologies. Les cancers mais aussi des pathologies rénales, de peau. Le financement du conseil départemental nous a permis par exemple de financer le poste d’un chercheur qui travaille sur la détection des maladies nosocomiales ».

Alors serons-nous un jour tous dépistés ? : « Pour l’instant, on ne peut pas entrer cette technologie dans les méthodes courantes. Il va falloir des années avant que la phase de recherche soit terminée et que nous puissions disposer d’éléments scientifiques sur la correspondance. Et j’imagine mal un dépistage systématique car il y a un prélèvement de tissus nécessaire. ».

Pour le moment donc, les patients sont volontaires dans le cadre de la recherche et même si aucune conclusion ne peut - pour l’heure - être publiée, Thomas Maldiney est confiant : « Pour des lésions caractéristiques, on a plutôt l’impression que ça marche bien ».