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93e année

La Saône-et-Loire investit pour la biodiversité

Environnement. En Saône-et-Loire, 46 communes vont bénéficier de la Dotation pour la protection de la biodiversité. Une dotation doublée en deux années qui acte l’enjeu écologique dans le financement des collectivités.

La Saône-et-Loire investit pour la biodiversité
(Crédit : JDP)

Si la lutte pour la biodiversité semble balbutier dans les villes et les métropoles, en revanche les communes rurales - de fait - et périurbaines n’ont pas attendu le réchauffement climatique pour se pencher sur le sujet. Une préoccupation pour laquelle l’État, dès 2019, a sorti le carnet de chèques en créant une « dotation de soutien pour la protection de la biodiversité et pour la valorisation des aménités rurales ».


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Abondée à hauteur de dix millions d’euros à sa création, l’enveloppe représente aujourd’hui 24 millions d’euros sur le plan national dont 49 communes de Saône-et-Loire (sur les 2.200 communes françaises et 296 en BFC) vont pouvoir profiter sous conditions : avoir moins de 10.000 habitants, revendiquer une proportion significative d’un site « Natura 2000 » ou être située dans un parc naturel régional. Une réforme qui permet, dans un contexte de réchauffement climatique d’intégrer l’enjeu écologique dans le soutien financier aux collectivités locales, en cohérence avec la Stratégie Nationale Biodiversité 2030, reflet de la démarche européenne à long terme de protection de la nature et de lutte contre la dégradation des écosystèmes.

500 milliards par an si on ne fait rien…

Avec l’augmentation de cette dotation, ce sont non seulement plus de communes éligibles (2.200 au lieu de 1.200 en 2021) mais aussi un soutien plus important pour certaines communes à l’exemple de Cluny qui voit passer sa dotation de 16.000 à 60.000 euros. Classée depuis 2007 Natura 2000, Cluny est en effet une réserve d’espèces naturelles comme l’écrevisse à pattes blanche, quasiment disparue en France.

À Cluny comme ailleurs ces dotations ont déjà permis d’engager des travaux de végétalisation des espaces, de retravailler les berges des rivières et d’engager des actions de protection des massifs forestiers, particulièrement impactés cette année par les différentes vagues de chaleur. Pour prendre conscience de l’importance de l’enjeu, la WWF a chiffré à 500 milliards par an le coût de l’inaction ne matière de biodiversité et d’enjeux environnementaux…

Antoine Gavory