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93e année

Le point sur les éoliennes en Côte-d’Or

Energie. À l’occasion des dix ans des parcs éoliens de Bretelle et d’Échalot, Amaury Grulier (Engie Green) fait un point sur le renouvelable en Bourgogne Franche-Comté.

Le point sur les éoliennes en Côte-d'Or
(Crédit : JDP)

Tout le monde en veut mais hors de la vue ; les éoliennes n’ont pas le vent en poupe. C’est pourtant plein de contentement que 200 personnes ont célébré les dix ans des parcs éoliens de Bretelle et d’Échalot et ce, précise Amaury Grulier, responsable développement Auvergne Rhône-Alpes et Bourgogne Franche-Comté de Engie Green « à la demande des maires ». Avec ses 23 éoliennes de deux mégawatts, le parc éolien fait office de mètre étalon de l’éolien en Côte-d’Or. Initié en 2003, il ne sortira de terre que dix ans plus tard, en 2012 : « Un temps essentiel pour la concertation » mais que Engie Green aimerait bien raccourcir de moitié « pour répondre aux enjeux actuels ».


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En termes d’histoire, le parc est aussi un lieu-test : « Nous collaborons avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO) sur des problématiques liées à l’environnement. En installant par exemple des protections sur les lignes électriques » et de préciser : « On ne peut pas opposer éolien et biodiversité ». Et c’est là le principal argument des adversaires. Or, en France, une éolienne tuerait en moyenne sept oiseaux par an, selon une étude de suivi de mortalité publiée en 2017 par la LPO : « Bien moins que ceux victimes du trafic routier ».

Une mauvaise information

Selon Amaury Grulier : « Les anti sont bien plus audibles que les partisans. On constate que les plus réfractaires à l’éolien sont ceux qui ne sont pas concernés ». Un avis conforté par un sondage de CSA qui révèle que 96% des riverains sont plutôt favorables. Alors, pour séduire les autres, les opérateurs s’engagent : « On développe des circuits VTT par exemple sur les plateaux éoliens. Ici, nous avons travaillé sur l’impact pour les cigognes noires et nous avons choisi de prolonger cette étude. Nous sommes aussi attentifs aux cours d’eau ».

« Quoiqu’il en soit, le renouvelable ne sera que complémentaire d’autres modes de production comme le nucléaire ou le solaire. »

Des études sur la biodiversité qui n’auraient jamais existé sans ces projets. Quant au recyclage souvent dénoncé, Amaury Grulier riposte : « Une éolienne est recyclable à 90%. En 2024, nous devrons atteindre 95%. Même les pales peuvent être transformées en revêtement. Quant au béton injecté dans le sol, pour chaque éolienne de deux mégawatts, nous avons l’obligation d’abonder un fonds de démantèlement de 50.000 euros ».

Bénéfique pour la planète et pour l’économie

Le point sur les éoliennes en Côte-d'Or
Amaury Grulier : « Nous devons réduire de moitié le temps de développement des projets si nous voulons répondre aux enjeux énergétiques ». (Crédit : JDP)

En pleine crise énergétique, la France s’est fixée des objectifs : 40% de renouvelable en 2040. Si la France fut précurseur, elle a, depuis les années 2000 perdu son avance. La Bourgogne Franche-Comté souvent accusée d’avoir été vendue à l’éolien n’est que la huitième région sur 12 en terme d’équipements. Il va donc falloir accélérer : « Il fallait une volonté politique. Il semble qu’elle soit là. Il faut désormais que les procédures administratives soient facilitées. Mais quoiqu’il en soit, le renouvelable ne sera que complémentaire d’autres modes de production comme le nucléaire ou le solaire ». En Côte-d’Or, l’éolien représente 120 mégawatts en développement. Le solaire, notamment par l’agri-énergie se développe avec prudence : « Nous sommes très attentifs à évaluer leur crédibilité ».

Mais le projet des parcs éoliens de Bretelle et d’Échalot est là pour montrer le bénéfice de ces installations : 60 millions d’euros d’investissement, 46 mégawatts de puissance qui produisent 80.000 MWh par an soit la consommation d’environ 37.000 personnes et 34.000 tonnes de CO2 évitées chaque années, des emplois locaux (la maintenance est à Marcilly-sur-Tille) et des fonds pour les communes qui perçoivent 20% de l’imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (IFER) fixé à 7,82 euros par kilowatt installé. Et Amaury Grulier de rappeler : « Les opérateurs participent aussi au budget de l’État. Si l’électricité produite est moins chère que le marché, l’État subventionne. Quand elle est plus chère, nous reversons à l’État. Actuellement, ce sont 15 milliards d’euros qui vont directement dans les caisses de l’État et qui participent par exemple à subventionner la rénovation des bâtiments ».

Antoine Gavory