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93e année

Un bassin d’orage conséquent pour Grand Besançon Métropole

Environnement. En mai 2021, Grand Besançon Métropole (GBM) engageait les travaux de construction d’un bassin d’orage sur le site du complexe sportif de la Malcombe à Besançon. Objectif : protéger le milieu naturel du rejet des eaux usées par temps de pluie.

Un bassin d'orage conséquent pour Grand Besançon Métropole
(Crédit : Grand Besançon Métropole)

D’une capacité de 20.000 mètres cubes, le bassin d’orage que Grand Besançon Métropole a entrepris de construire est un ouvrage conséquent : 100 mètres de long pour 50 mètres de large et une hauteur comprise entre 4 et 5 mètres. Il sera entièrement recouvert d’un mètre de terre. Plus de 8.500 mètres cubes de béton et 70.000 mètres cubes de terrassement auront été nécessaires à sa construction qui s’est déroulée d’octobre 2021 à juillet 2022. Reste à poser d’ici à la fin de l’année les canalisations d’alimentation et de vidange du bassin. La moitié des déblais sont réutilisés sur site pour remblayer les zones contiguës à l’ouvrage.

Une opération environnementale

L’objectif de cette opération, qui a fait l’objet d’une visite presse le mercredi 12 octobre, est avant tout environnemental. « Il s’agit de protéger le Doubs des pollutions liées aux rejets d’eaux usées urbaines par temps de pluie, précise Christophe Lime, vice-président de GBM en charge de la gestion de l’eau potable et des eaux fluviales, impact des eaux usées. La particularité du réseau d’assainissement bisontin est de collecter à la fois les eaux usées et les eaux pluviales. En cas d’épisodes pluvieux, il peut y avoir saturation du réseau et déversement direct des eaux polluées au Doubs, via des déversoirs d’orage. Grâce au nouveau dispositif, il est attendu une diminution du volume total annuel d’eaux chargées non traitées déversées au Doubs, de 25 % pour l’ensemble des communes dont les eaux usées sont transportées et traitées à la station de Port Douvot. Cela représente 2 % du flux total annuel d’effluents transitant dans le réseau d’assainissement de l’agglomération bisontine ».


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L’ouvrage jouera ainsi le rôle de tampon, en retenant les effluents par temps de pluie, tant que le réseau est saturé et en les renvoyant ensuite à la station d’épuration de Port Douvot, à débit contrôlé, après l’épisode pluvieux. Le bassin d’orage sera installé en dérivation du réseau d’assainissement. Cet outil permettra également atteindre une réduction à 6% des rejets sans traitement, contre 8 % actuellement.

« Nous nous rapprocherons ainsi des objectifs fixés par la réglementation, qui impose une limitation des rejets sans traitement au milieu récepteur à une valeur de 5% du flux de pollution annuel transitant par le réseau d’assainissement. Cet ultime objectif sera atteint, dans un deuxième temps, par la mise en place de dispositions complémentaires sur le réseau d’assainissement bisontin, notamment la déconnexion des eaux claires du secteur de la Malcombe du réseau d’assainissement, via la pose d’une canalisation dédiée jusqu’au Doubs, et la désimperméabilisation des surfaces d’équipements existants (cour de l’école Brossolette par exemple). Sur le secteur du centre-ville, la création d’un réseau pluvial est en cours, rue Gambetta et rue de la République, avec végétalisation de l’espace public… », développe l’élu.

Une mise en service prévue en janvier 2023

Ces travaux conséquents sont exécutés par un groupement d’entreprises conduit par la société Eiffage Génie Civil. Celle-ci s’est appuyée sur une autre société du groupe Eiffage, Clemessy, implantée localement, pour la partie process et électricité, sur l’entreprise PBTP et démolitions de Devecey pour les terrassements et l’entreprise Heitmann pour les réseaux secs et humides. D’autres entreprises et fournisseurs locaux sont mobilisés durant le chantier, notamment pour les approvisionnements en béton.

La maîtrise d’œuvre est réalisée en interne, par la direction Grands Travaux de GBM. L’opération d’un montant de 8,5 M€ HT est inscrite au contrat pour une gestion durable des services d’eau potable et d’assainissement et des milieux aquatiques signé avec l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse pour la période 2019-2021. Dans ce cadre, elle bénéficie des aides financières de l’Agence de l’Eau. Ces aides pourront s’élever jusqu’à 50 % du montant total du projet. Des aides complémentaires du département du Doubs pourront également venir compléter le financement, dans une limite de 10 % de l’assiette subventionnable.

Frédéric Chevalier