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93e année

Casis développe QIR, une IA bon pour le cœur

Santé. La start-up dijonnaise Casis s’illustre sur le marché de la santé digitale avec QIR, une IA alliée des cardiologues pour la détection et l’analyse des affections cardiaques.

Casis développe QIR, une IA bon pour le cœur
Manon Hatier, alternante en développement commercial à l’international, Jean-Joseph Christophe, Karim Ghzaiel, stagiaire ingénieur d’application clinique, Lisa Métairie, ingénieure d’application clinique. (Crédit : JDP)

À Quetigny, au fond d’une impasse, se niche Casis (Cardiac Simulation & Imaging Software), start-up spécialisée dans les solutions digitales de traitement des images IRM cardiaques. Spin-off du CHU de Dijon, agrégeant jusqu’à 25 personnes avec les thésards, les stagiaires… qui y font une partie de leurs recherches, la start-up s’illustre aussi par son recrutement : 14 salariés dont beaucoup de femmes, 14 nationalités. Pour l’heure les mines sont réjouies et pour cause : Casis vient d’achever une présentation en visio de son produit phare baptisé « QIR » (Quantified Imaging Ressources) devant quelque 700 médecins réunis à Leipzig. Face à des sociétés concurrentes plus aguerries, « on s’en est très bien sortis », sourit Jean-Joseph Christophe, Pdg et directeur R&D. Comprendre : à la hauteur de son concurrent historique néerlandais et mieux que l’autre rival, une société américaine.


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Les affections cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité au monde ; on mesure l’enjeu pour le cardiologue d’être épaulé par une solution digitale fiable qui va l’aider dans son diagnostic et gagner un temps précieux au profit du patient. QIR intervient lorsque le praticien est au stade des images issues de l’examen IRM. « Comme le cœur est un organe en mouvement, rappelle fort à propos Jean-Joseph Christophe, la problématique est celle du bruit. L’IRM génère une image très complète mais parfois difficile à analyser. Notre métier va être d’automatiser au mieux l’analyse dans une imagerie pour laquelle vous avez des milliers d’images réparties dans une dizaine de séquences différentes, avec pour chacune plusieurs paramètres cliniques à calculer. »

Reconnaissance rapide

Ce qui deviendra Casis débute son histoire à la fin des années 90 lorsque le docteur Alain Lalande, alors en thèse, lance une recherche de logiciel d’analyse d’IRM cardiovasculaire pour pallier la faiblesse des solutions existantes. La marque QIR (clin d’œil à Dijon) est déposée par l’uB en 2006. Une première version développée par Thomas Decourselle, aujourd’hui chef du département technique de Casis, permet la découverte d’une nouvelle pathologie cardiaque publiée dans la revue Nature Genetics.

En 2016, la rencontre du Dr Lalande avec Jean-Joseph Christophe, titulaire de deux doctorats (ingénierie biomédicale et mathématiques appliquées) aboutit à la création de la société Casis (deuxième clin d’œil) pour le développement industriel et l’utilisation clinique de la solution QIR. Preuve de sa fiabilité, QIR dès 2017 obtient le marquage CE certifiant sa qualification comme dispositif médical pour le marché européen, ouvrant la voie à la commercialisation. L’année suivante, Casis était retenue comme partenaire du consortium « Pacific » lancé par les laboratoires Sanofi et Servier avec les centres de cardiologie de l’AP-HP et deux unités Inserm pour l’étude d’une pathologie cardiaque spécifique dite « à fraction d’éjection préservée » : à ce jour sans traitement, elle cause la mort d’un patient sur deux dans les cinq ans suivant son apparition.

Emmanuelle de Jesus