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93e année

Cellaven automatise la culture cellulaire

Recherche. Alors que chaque jour de nombreuses heures sont consacrées à des tâches répétitives et fastidieuses pour maintenir des cellules vivantes in vitro, Cellaven a conçu une machine pour automatiser ces process.

Cellaven automatise la culture cellulaire
(Crédit photo : Cellaven)

« Lorsqu’on fait de la culture cellulaire, les changements de milieu de culture sont des tâches très répétitives et chronophages. On prend des boîtes ou des flasques, on aspire le vieux milieu et on en remet du nouveau, le tout dans des condition aseptiques et dans un environnement spécialisé. » Tout est parti de cette observation de Julien Maruotti. Après sept ans en laboratoire académique en Chine puis aux États-Unis et autant d’années en tant que directeur scientifique dans une entreprise de biotechnologie, le docteur ingénieur de formation, spécialisé dans la biologie cellulaire et plus spécifiquement dans les cellules souches, s’est finalement mis en quête d’automatiser cette manipulation rébarbative et pourtant si précieuse puisqu’à la moindre contamination, ce sont des semaines de travail qui sont perdues.


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« Il existe déjà des automates de culture cellulaires, notamment en biothérapie, mais ces dernières restent très onéreuses à l’achat et à l’utilisation car elles doivent répondre à de fortes contraintes règlementaires. Elles ont souvent une flexibilité limitée et ne sont pas forcément adaptées à l’usage en laboratoire de recherche et développement », a-t-il pu observer durant son étude de marché. C’est finalement avec un ingénieur électro-mécanicien, Suriya Gunin, que Julien Maruotti a commencé à réfléchir à un concept d’automate simple et abordable.

Automatiser 80 % des tâches de culture cellulaire

« Notre idée était de proposer un petit automate qui automatise à peu près 80 % des tâches de culture cellulaire pour une prix aligné avec celui d’équipements de bases du laboratoire comme un incubateur ou une hotte stérile », explique-t-il. Après un an et demi de développement technologique, l’entreprise Cellaven hébergée et incubée par Deca BFC a déposé son premier brevet en mai dernier. « Nous voulions rester sur une technologie simple et robuste, afin d’optimiser nos coûts de production. » Durant l’été, les deux associés ont réalisé leur première levée auprès de business angels pour réaliser un prototype industrialisable.

« Nous préparons une levée d’amorçage qui nous permettra de lancer l’industrialisation en 2023 pour une commercialisation à l’été 2024, complète Julien Maruotti. La machine pourra réaliser des cultures sur les formats standards présents en laboratoire, des flasques et des plaques, et elle gèrera jusqu’à dix contenants en parallèle ». Au total, 1,2 million d’euros seront nécessaires pour pouvoir commercialiser l’automate entièrement produit en Bourgogne Franche-Comté, sur le territoire franc-comtois. « Nous avons été très bien accueillis en région Bourgogne Franche-Comté, nous y avons trouvé toutes les compétences dont nous avions besoin pour notre projet, très proche de la robotique finalement. »

Antonin Tabard