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93e année

L’heure du bilan pour les moissons

Agriculture. Avec deux semaines d’avance en moyenne, les moissonneuses ont fini leur travail. Dans le sud de la Côte-d’Or et à l’Est de la Saône-et-Loire, les adhérents de la coopérative Bourgogne du Sud ont récolté leur blé, orge et colza tandis que les prix du marché ne cessent de fluctuer.

Les moissons 2022 s’achèvent sur des rendements dans la norme malgré l’enchainement d’aléas climatiques sur certaines exploitations. (Crédit : Nadège Hubert)

90% des récoltes opérées cet été par les adhérents de la coopérative Bourgogne du Sud concernent le blé, l’orge et le colza, le reste porte notamment sur des pois protéagineux ou du triticale (plante fourragère). Avec des exploitations comprises entre cinq et 400 hectares, les 1 200 agriculteurs ayant récolté les céréales cet été ont livré 200 000 tonnes de blé, 70 000 tonnes d’orge et 30 000 tonnes de colza. « C’est une année moyenne en tonnage, ni exceptionnelle, ni catastrophique sauf pour les exploitants qui ont été touchés par les aléas climatiques » précise Bertrand Combemorel, directeur de la coopérative.


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Sécheresse durable en mai puis grêle violente quand les céréales étaient arrivées à maturité, certains agriculteurs ont vu leur parcelle perdre jusqu’à 50% de leur rendement. Pour autant, le directeur rassure. « Il n’y a pas à craindre pour l’alimentation française, notamment en blé tendre, celui qui sert pour le pain ou encore les viennoiseries, puisque la France exporte 17 à 19 millions de tonnes par an. » Bertrand Combemorel insiste également sur la réactivité des agriculteurs de son territoire. « Les exploitations disposent d’équipements plus performants qui leur donne une force de frappe et une réactivité face aux conditions climatiques chaotiques. »

Des prix en mouvement

Toutefois, le représentant des adhérents de la coopérative Bourgogne du Sud s’inquiète pour la situation de certains agriculteurs, confrontés à un marché financier instable. « Nous avons eu un pic à 430 euros la tonne de blé. Actuellement, il avoisine les 330 euros contre 230 euros en 2021 et il est difficile de se projeter. L’impact de la crise en Ukraine est estimé à 120 euros la tonne. »

Si les prix élevés laissent à penser que les agriculteurs vont réaliser de bonnes affaires, cela ne pourrait être qu’une apparence. « Les intrants comme les engrais suivent la même tendance, entre autres à cause du prix de l’énergie, et les agriculteurs pourraient se retrouver à exploiter à perte en 2023 ou 2024 s’ils vendent ou achètent au mauvais moment. » Pour l’heure, la coopérative accompagne ses adhérents et se réjouit de la qualité des céréales qui raviront autant les clients meuniers que les agriculteurs dont le travail sera valorisé.

Rédaction JdP