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93e année

« Les entrepreneurs ont parfaitement conscience des défis de ce siècle »

Entrepreneurs. À l’occasion de la présentation du Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) 2022-2028, le vice-président du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté en charge de l’économie, Nicolas Soret, revient, en attendant le vote du budget, sur la philosophie qui anime cette feuille de route.

« Les entrepreneurs ont parfaitement conscience des défis de ce siècle »
Nicolas Soret (Crédit : David Cesbron)

Le Journal du palais : Quel est votre regard sur le précédent SRDEII - 653 millions d’euros d’aides attribuées et 1.300 PME soutenues - dont vous avez été chargé de dresser le bilan ?

Nicolas Soret : Il est nettement positif puisqu’il a établi une convergence des stratégies des anciennes régions Bourgogne et Franche-Comté grâce à une immense complémentarité des filières et des marchés, soit deux écosystèmes qui s’enrichissent l’un l’autre. Il a vu la création de l’Agence économique régionale Bourgogne Franche-Comté (AER BFC) qui a permis à la région de passer, en cinq ans, du onzième au sixième rang national pour les IDE (Investissements directs étrangers) par sa capacité à dialoguer avec des structures comme Business France. L’excellent travail de ses équipes est à l’origine, par exemple, de l’implantation de la nouvelle unité de fabrication de Vicky Foods sur le territoire du Grand Chalon.

Comment avez-vous procédé pour imaginer ce nouveau SRDEII ?

Il s’agit de neuf mois de travaux concertés au cours desquels j’ai procédé à plus de 110 consultations, 70 visites d’entreprise, huit réunions territoriales avec l’ensemble des intercommunalités et rencontré tous les acteurs économiques, sans exception, dans les huit départements. Nous avons exploré les différentes facettes de la vie de l’entreprise, de la recherche à la transmission en passant par la création, l’incubation et l’innovation. Avec eux, nous avons essayé d’identifier les atouts et les faiblesses des filières pour affronter les défis de ce siècle que sont les transitions environnementale, énergétique, agricole, numérique mais aussi celle de la mobilité, en particulier décarbonée, et démographique, liée à l’attractivité résidentielle. La Bourgogne Franche-Comté est une région industrielle et selon les classements, la première en termes d’emplois. Il est une chose de le dire, il en est une autre de bien en mesurer toutes les compétences. Il y a de la Bourgogne Franche-Comté dans de grands noms, chez Airbus, chez Boeing, chez Chaumet, dans les technologies d’échographie comme dans les auto-injections sans aiguille de chez Crossject.


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Quels sont les principaux enseignements que vous tirez de cette vaste concertation ?

Partout, les entrepreneurs, quelles que soient leurs tailles, ont parfaitement conscience des défis de ce siècle et sont prêts à les affronter. Il n’y a pas un chef d’entreprise qui n’a pas évoqué spontanément ces transitions économiques, la pénurie de matière, les problèmes de recrutement ou les nouvelles organisations du travail, y compris chez les commerçants. Nous allons d’ailleurs consacrer, et c’est une nouveauté, un volet à l’économie de proximité. Historiquement, la région était tournée vers les PME, en particulier industrielles. À l’aune de la pandémie, la mise en place du Fonds régional du territoire (FRT) a démontré son efficacité et qu’il était un élément important de subsidiarité. Je me suis appuyé sur mon expérience d’élu local (Nicolas Soret est, par ailleurs, maire de Joigny et président de la communauté de communes du Jovinien, Ndlr) et je sais à quel point commerçants, artisans, restaurateurs, ont un rôle primordial dans l’attractivité d’un territoire.

Quel rôle peut jouer la région face à ces nouveaux défis rencontrés par les entreprises ?

Nous allons continuer de les accompagner et de les fédérer, comme dans la filière automobile pour les aider à s’orienter vers de nouveaux marchés comme l’aéronautique ou l’énergie. Nous allons, en outre, intensifier notre participation à la capitalisation pour les soutenir dans leur développement. La région a la capacité de « faire faire ». Elle a les moyens de coordonner et de « chasser en meute » avec l’objectif de réunir les entreprises qui travaillent dans les mêmes filières et de créer de l’intelligence collective. Nous pouvons financer les filières à travers la création d’associations ou via les cinq pôles de compétitivité ou les clusters. Je souhaite, enfin, que nous provoquions, dès la rentrée, une grande conférence sur les nouvelles organisations du travail avec, autour de la table, des chefs d’entreprise, des économistes et des psychologues spécialisés pour échanger sur les expériences et mutualiser les solutions aux problèmes de recrutement.

Stéphane Bourdier