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93e année

Les premières images du futur porte-avions presque made in Bourgogne

Défense. La Marine Nationale a dévoilé les images du futur porte-avions français qui embarquera le savoir-faire de la Saône-et-Loire.

Le PA-NG sera en service à partir de 2038. Marine Nationale

En annonçant que le Creusot participerait à la fabrication du nouveau porte-avions français, la Marine Nationale renforçait il y a un an un lien historique entre le département et la construction navale. Car il n’y a pas que la Suisse qui possède une flotte maritime sans avoir accès à la mer. La Saône-et-Loire possède, elle aussi, une histoire ancienne avec la navigation. Des chantiers navals de Digoin aux récits des descentes sur la Saône, il y eut aussi les sous-marins des anciennes entreprises Schneider à Chalon-sur-Saône.

Le savoir-faire de la Saône-et-Loire à l’honneur

Ironie du sort, c’est sur un site appelé le Petit Creusot que les submersibles furent construits. Désormais c’est au Creusot qu’une partie du nouveau porte-avions est construite, avant d’être assemblé aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Au générique de ce chantier faramineux, Framatome qui a forgé en juin 2021 la première pièce, une cuve de 270 tonnes pour la chaufferie du futur géant des mers coulée par la creusotine Industeel France, spécialisée dans la fourniture des aciers, ou encore Thermodyn, spécialiste des turbines.


Ainsi la Saône-et-Loire voguera à travers le monde par l’intermédiaire des 305 mètres et 75 000 tonnes du PA-NG (porte-avions nouvelle génération). Une bonne nouvelle aussi pour les entreprises du nucléaire (500 entreprises en Bourgogne Franche-Comté) du département. Destiné à remplacer le Charles de Gaulle en 2038 et pendant 40 ans, le PA-NG nécessitera 900 millions d’euros d’investissements pour les études techniques d’ici à 2025. À l’avenir il faudra ajouter les coûts de fonctionnement (200 millions d’euros par an) et 20 millions d’euros d’entretien des infrastructures. Un investissement de cinq milliards d’euros, évaluation optimiste d’avant guerre en Ukraine dont les conséquences économiques pourraient bien faire s’envoler les prix.

Antoine Gavory