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93e année

Roland Bailly SAS : réintégrer un savoir-faire horloger

Artisanat. À Besançon, l’entreprise Roland Bailly SAS investit près de 90.000 euros pour développer une nouvelle activité au profit des professionnels de l’horlogerie. Les nouveaux équipements attendus cet automne contribueront également à retrouver un savoir-faire presque disparu en France.

Roland Bailly SAS : réintégrer un savoir-faire horloger
Roland Bailly intervient en micromécanique pour décorer notamment les mouvements de montre (Crédit : Roland Bailly)

Fondée en 1964 par Roland Bailly à Besançon, expert en micromécanique pour l’horlogerie, la société du même nom s’est spécialisée dans l’outillage micromécanique et l’injection de pièces techniques en matériaux polymères. En petite ou grande série, l’entreprise aux 30 salariés répond notamment aux besoins des professionnels de l’horlogerie, haut de gamme en particulier. « Nous participons au renouveau de l’horlogerie française », explique Thierry Bailly, dirigeant et fils du fondateur. En collaboration avec Humbert Droz, véritable acteur de la montre française, l’entreprise souhaite ramener en France un savoir-faire quasiment disparu.


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« Avant, les horlogers achetaient leur mouvement horloger en France mais il n’y a plus de fabriquant dans l’Hexagone et ils doivent se tourner vers la Suisse ou le Japon. » En décembre 2020, la maison bisontine Humbert-Droz et la manufacture de mouvements suisses La Joux Perret annonçait une collaboration franco-suisse inédite : assembler de A à Z un mouvement suisse, le “G100”, dans la capitale horlogère française, Besançon. Une fois montés, ces mouvements en kit sont ainsi confiés aux bons soins de Roland Bailly SAS notamment pour la réalisation de certaines décorations.

Uniquement des fonds propres

« Nous les usinons, les reprenons en fonction des besoins des horlogers finaux et nous les personnalisons tout en apportant la valeur ajoutée du made in France. » Intégrer cette nouvelle activité autour des pièces horlogères nécessitait l’achat de machines spécifiques dédiée à la décoration. L’entreprise a donc dégagé une enveloppe de près de 90.000 euros pour faire l’acquisition de deux machines.

« Nous avons sollicité Bpifrance et le conseil régional pour avoir des subventions mais nous n’avons rien obtenu », regrette Thierry Bailly, qui aurait aimé être soutenu dans sa démarche de ramener un savoir-faire sur le territoire. Le personnel sera formé pour acquérir de nouvelles compétences tandis que le dirigeant espère voir l’activité se développer afin de créer de nouveaux emplois. « J’ai déjà les premières commandes en provenance d’horlogers français. » Les machines arriveront quant à elles en septembre et en octobre.

Nadège Hubert