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93e année

Le Grimoire : une drôle de sorcière

Art. En ouvrant au Creusot, le Grimoire, Christelle et Germain Guittienne ont voulu redonner à leur quartier un lieu d’échanges et de rencontres où se mêlent l’art et le lien social.

Le Grimoire : une drôle de sorcière
En ouvrant un lieu hors-norme, Christelle et Germain veulent ouvrir le monde des arts en accès libre. (Crédit : JDP)

D’apparence, c’est un bar. Une fois franchie la porte d’entrée, le Grimoire est « un lieu pour faire sortir les gens doués de dessous leurs cailloux » explique Christelle Guittienne, qui, depuis quelques mois, gère avec son mari Germain, ingénieur dans l’industrie, un « tiers-lieu », mélange de bar, de pub, de café, de théâtre, de salle d’exposition et même de ludothèque. À l’image de la gérante, autrice-compositrice, comédienne, présidente de l’association Créative musicale production qui souhaitait faire émerger les jeunes talents du Creusot : « Mon mari Germain voulait un bar à bière. Je voulais un endroit de spectacle. J’ai travaillé avec des jeunes à travers des spectacles de création et de composition. Nous avons mixé tout cela pour faire naître ce lieu ».

Une économie de l’humain

Si le lieu s’appelle Le Grimoire, c’est selon sa gérante « parce que les gens écrivent l’histoire du lieu ». Mais derrière la poésie, le Grimoire est surtout devenu un lieu de réunion dans un quartier qui « avait perdu de son âme ». L’idée de Christelle et de Germain était donc de rouvrir un lieu d’échange : cafés philo, théâtre, jeux de société, ateliers d’écriture ou concerts : « Ici on vit. C’est la devise que nous avons choisie avec une cliente. Nous avons beaucoup investi dans les travaux, dans l’huile de coude pour que ça ressemble à « chez mémé » entre la guinguette et le pub ».


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Sur un plan économique avec une première ouverture en septembre 2021, au milieu de la crise de la Covid, Christelle avoue avoir « une foi d’imbécile heureuse » tout en devant tenir des engagements financiers : « Depuis une quinzaine d’années, la rue était un peu désertée, mais elle revit aujourd’hui grâce à des commerces novateurs. Ce genre de lieu peut redonner envie aux gens de sortir et c’est indispensable après les moments que nous venons de traverser ». Un grimoire dans lequel sont inscrites, peut-être, quelques recettes de la rencontre humaine.

Antoine Gavory