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93e année

Au Dino-Zoo, les nouveautés ne craignent pas l’extinction

Tourisme. Unique en son genre, le parc de loisirs Dino-Zoo fête cette année ses 30 ans. Trente années pendant lesquelles le parc n’a cessé de s’enrichir de sculptures ultra réalistes de dinosaures, bien sûr, mais aussi d’attractions, d’animations pédagogiques et autre cinéma 4D.

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Guy Vauthier, le créateur du parc en 1992. (Crédit : Dino-Zoo)

En 1992, date de la création du Dino-Zoo, le premier Jurassic Park n’est pas encore sorti sur les écrans et personne ne s’intéresse aux dinosaures. Personne, sauf Guy Vauthier, amateur de géologie et de paléontologie. Une idée un peu folle trotte dans sa tête depuis la fin des années 1980 : imaginer un parc de loisirs dédié aux grands reptiles et à la préhistoire. Après un voyage aux États-Unis, bluffé par le parc Disney, l’autodidacte se lance dans l’aventure en faisant le pari d’installer son parc dans le massif jurassien à Charbonnières-les-Sapins, dans le Doubs. Un ancrage régional primordial pour Guy Vauthier qui gérait déjà le Gouffre de Poudrey situé non loin de là.


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« En France, il n’y avait pas encore de Disneyland Paris ni de Parc Astérix, avec le Futuroscope (né cinq ans plus tôt), c’était l’un des premiers parcs à thème de France. Le public d’alors était plus habitué aux foires », explique Geoffroy Vauthier, fils de Guy et actuel directeur du site. Dès la première année d’ouverture, Dino-Zoo réalise 80.000 entrées. Sur une promenade de 2,5 kilomètres, le parc compte seulement une quinzaine de sculptures (contre 80 dinosaures aujourd’hui) mais il profite de l’attrait de la nouveauté et de la sortie en 1993 du film de Spielberg. Celui-ci génère une véritable dinomania planétaire. Cet alignement des étoiles participe à l’envol du parc local. En l’espace de quelques années, ce dernier devient un incontournable dans la région et enregistre aujourd’hui plus de 120.000 visiteurs par an.

Une entreprise familiale

Conscient qu’il ne faut pas se reposer sur ses acquis, l’entreprise familiale va grandir en multipliant les nouveautés avec notamment l’ouverture des premières attractions au début des années 2000. Le parc ouvrira également un restaurant, inaugura la vallée des Hommes, élargissant ainsi son thème au-delà dinosaures, développera les animations pédagogiques, dont des fouilles paléontologiques dans le sable à la recherche de fossiles et le cinéma 4D...

Aujourd’hui Dino-Zoo est dirigé par Geoffroy Vauthier, diplômé d’une école dédiée à la gestion de parc de loisir. Après avoir fait ses armes notamment chez Disney, il revient au sein du parc familial en 2012. Depuis la mort de son père, il pilote cet héritage au côté de ses deux sœurs July et Cynthia, recevant également l’aide de sa mère qui s’occupe par ailleurs du Gouffre de Poudrey. « À Dino-Zoo nous avons une philosophie familiale, avec des collaborateurs qui sont là depuis plus de dix ans. Et bien que nous soyons passés d’une TPE à une petite PME - qui compte plus de 40 salariés pendant les vacances - nous voulons rester un slow parc », affirme le directeur qui depuis son arrivée à consolidé la clientèle et augmenté le temps de visite. « Aujourd’hui le site attire au-delà de la région  : de Lyon à Strasbourg. On fait jusqu’à deux heures maximum de route pour venir chez nous ».

3,5 millions d’euros d’investissements

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Le paléontologue suisse Frédéric Pittet. (Crédit : Dino-Zoo).

Dino-Zoo réalise un chiffre d’affaires de deux millions d’euros par an et consacre environ 400.000 euros d’investissements annuels, notamment dans de nouveaux équipements. Aujourd’hui, Dino-Zoo s’agrandit avec un nouveau parcours de 200 mètres jalonné de dix nouvelles sculptures ultra réalistes de dinosaures, conçus en collaboration avec des scientifiques. « Nous travaillons notamment depuis dix ans avec le paléontologue suisse Frédéric Pittet. C’est un vrai fan du parc, il était déjà présent comme touriste à l’ouverture. Il réalise pour nous les textes des panneaux, les dossiers pédagogiques dédiés aux scolaires et aux équipes de médiateurs du parc...  ».

Pour les 30 ans du site, un tout nouveau dinosaure long de 50 mètres, le Seismosaurus, a été installé et fêté en grande pompe. «  C’est le plus grand dinosaure à avoir foulé notre terre. Son nom signifie “celui qui fait trembler la terre”. Ce spécimen XXL constitue la plus grande réplique de dinosaure en France. Il aura nécessité cinq semi-remorques et deux grues pour son installation sur les hauteurs du parc. Vivant à la période du jurassique supérieur, cet herbivore pouvait peser jusqu’à 30 tonnes », commente Geoffroy Vauthier.

Un muséum pour attirer les plus grands

Les modifications à venir du parc préhistorique ne s’arrêtent toutefois pas à la seule présence de nouveaux habitants inanimés. « Nous sommes à un tournant dans notre développement, lance le directeur. Nous allons investir 3,5 millions d’euros sur trois ans pour changer le visage du site ». Au programme : la création d’une toute nouvelle zone d’accueil, la refonte et le passage sur deux étages du restaurant, le développement d’une inédite attraction familiale mécanique pour 2024 et la création d’un véritable muséum dédiée à la paléontologie. «  Dans la configuration actuelle, nous ne pouvons accueillir que quatre bus scolaires maximum (environ 200 à 250 enfants) par jour. À terme, nous devrions pouvoir en recevoir huit, notamment grâce la création d’un pavillon d’accueil digne de ce nom, avec des vestiaires et des toilettes. L’accueil actuel deviendra une nouvelle brasserie », précise Geoffroy Vauthier.


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Côté restauration la révolution sera de mise avec le nouveau restaurant sur deux étages : « Ce sera la fin du surgelé ! S’enthousiasme le directeur. Nous allons passer nos cuisines en frais et changer tous nos systèmes de production en réalisant des plats sous-vide conservables une semaine. Cela devrait nous permettre de servir 600 couverts par jour, tout en gérant les flux au client près. Nous devrions ainsi faire baisser considérablement nos déchets ». Reste le projet de muséum : prévu pour 2028, il vise à attirer une clientèle plus âgée d’adolescents et d’adultes. Une tranche d’âge que le parc peine à faire venir. « Les adultes accompagnent leurs enfants, mais ne trouvent pas toujours de quoi les captiver sur la durée. Avec ce futur bâtiment nous allons pouvoir nourrir leur curiosité. Il y aura notamment des ateliers pédagogiques (comment dégage-t-on un fossile  ?...), une muséographie de squelettes dont quelques-uns authentiques et également un labo privé pour l’accueil des étudiants en paléontologie de Besançon et de Nancy... ».

Ce vaste programme de transformation a notamment bénéficié du plan France relance à hauteur de 800.000 euros et du soutien financier de la région et des autres collectivités locales. « Ils croient en nous et nos projets s’inscrivent dans le schéma touristique de la région. Nous sommes ainsi présents sur l’autoroute via les panneaux d’information touristiques. Dans le Doubs, seul deux établissements privés le sont  : la grotte d’Oselle et nous. C’est une vraie reconnaissance ».

Frédéric Chevalier